La compétence de la juridiction judiciaire pour apprécier l’incidence de la reconnaissance d’une UES sur la validité des licenciements

Cass. soc. 17 mars 2021, n° 18-16.947 FS-P

En l’absence de toute procédure de validation ou d’homologation d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), il appartient au juge judiciaire d’apprécier l’incidence de la reconnaissance d’une unité économique et sociale (UES) quant à la validité des licenciements économiques décidés au niveau de celle-ci.  Selon la Cour de cassation, le juge judiciaire peut prononcer la nullité du licenciement d’un salarié protégé pour défaut de PSE sans porter atteinte à la séparation des pouvoirs, dès lors que l’autorisation administrative de licenciement par l’inspecteur du travail, bien que non contestée, ne portait pas sur l’examen de validité d’un PSE incombant à la DIRECCTE. Le bien-fondé de cette autorisation n’est donc pas remis en cause par l’appréciation effectuée par le juge judiciaire.

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Prêts participatifs et obligations dits « Relance » : la garantie de l’Etat au soutien des instruments de renforcement des quasi-fonds propres des entreprises

Après avoir obtenu le 4 mars dernier l’autorisation de la Commission Européenne[1], le gouvernement a enfin pu adopter le décret permettant l’application du dispositif de garantie de l’Etat aux fonds d’investissement alternatifs (« FIA ») instauré par l’article 209 de la loi de finances pour 2021[2] (le « Décret »)[3]. Les FIA bénéficiaires auront l’obligation d’investir dans des prêts participatifs ou des obligations subordonnées.

Ce nouveau régime vient compléter un arsenal législatif de soutien financier aux entreprises qui s’est déjà bien étoffé au cours de la dernière année.

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Mesures d’instructions in futurum : compétence du juge du fond ou du juge du lieu d’exécution de la mesure

Cass. Civ. 2, 2 Juillet 2020, n°19-21.012

En vertu de l’article 145 du Code de procédure civile, une partie peut saisir le juge, sur requête ou en référé, afin de voir ordonner des mesures d’instructions visant à conserver ou établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige. La mesure classique est la saisie de pièces /emails.

La question du juge compétent pour ordonner se pose souvent pour les parties demandant de telles mesures, en particulier lorsqu’elles sont exécutées en plusieurs lieux (siège d’une société et domicile du dirigeant par exemple).

La Cour de cassation confirme que le juge territorialement compétent pour statuer sur une requête fondée sur l’article 145 du Code de procédure civile est :

  • soit le président du tribunal susceptible de connaître de l’instance au fond ;
  • soit le président du tribunal dans le ressort duquel les mesures d’instruction in futurum sollicitées doivent, même partiellement, être exécutées.

Cette solution pragmatique permet d’assurer une bonne administration de la justice.

Une nouvelle avocate en contentieux et arbitrage

Amina Ben Ayed a rejoint Squire Patton Boggs en 2020 pour son stage final puis comme collaboratrice en 2021 au sein du département International Dispute Resolution (IDR). Elle a prêté serment le 24 mars.

Titulaire d’un Master 2 en Arbitrage et droit du commerce international (Paris 1 Panthéon Sorbonne), Amina exerce tant en arbitrage qu’en contentieux.

Amina a enseigné l’arbitrage international à des étudiants en Master 2 en tant que chargée de travaux dirigés à l’université d’Evry Val d’Essonne. Elle prépare actuellement un DU en Droit des entreprises en difficulté.

Amina est trilingue : Français, Anglais, Arabe.

 

Le liquidateur judiciaire est recevable à agir directement et conjointement contre le dirigeant et son assureur en cas d’insuffisance d’actif

Cass. Com., 10 mars 2021, n°19-12.825

Dans le cadre d’une procédure de liquidation judiciaire, un liquidateur a assigné directement et conjointement le dirigeant de la société et son assureur pour demander leur condamnation solidaire au paiement de l’insuffisance d’actif des sociétés sur le fondement des articles L. 651-2 du code de commerce et L. 124-3 du code des assurances.

En vertu de ces articles le liquidateur peut en effet, en cas d’insuffisance d’actif, agir contre les dirigeants dont les fautes de gestion ont contribué à cette insuffisance d’actif afin de les voir condamner à la supporter en tout ou partie (L. 651-2 du code de commerce), mais il peut également agir en tant que tiers lésé disposant d’un droit d’action directe à l’encontre de l’assureur garantissant la responsabilité civile de la personne responsable (L. 124-3 du code des assurances).

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Déclaration de créances : le créancier peut ratifier une déclaration irrégulière faite par un préposé sans pouvoir valable

Cass. com., 10 mars 2021, n° 19-22.385

L’article L. 622-24 du Code de commerce est clair : tout mandataire ou préposé du créancier peut effectuer pour le compte de celui-ci une déclaration de créance au passif d’un débiteur à l’encontre duquel une procédure collective a été ouverte.

En effet, cet article prévoit notamment (alinéa 2) que :

« La déclaration des créances peut être faite par le créancier ou par tout préposé ou mandataire de son choix. Le créancier peut ratifier la déclaration faite en son nom jusqu’à ce que le juge statue sur l’admission de la créance. »

Toutefois, les créanciers vérifient-ils systématiquement que leur préposé dispose des pouvoirs nécessaires pour effectuer valablement la déclaration de créance ?

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Squire Patton Boggs accueille à Paris un associé reconnu de l’arbitrage international

Squire Patton Boggs poursuit l’expansion de sa pratique International Dispute Resolution (IDR) avec l’arrivée au bureau de Paris en qualité d’associé de John Adam (auparavant chez Laham & Watkins).

John Adam, rejoint une pratique IDR en pleine croissance, comptant plus de 140 praticiens dans 20 pays. Plusieurs avocats ont rejoint récemment les équipes de New York, Dubaï, Milan et, ce mois-ci encore, Rodman Bundy et Alvin Yap à Singapour. John est le troisième associé à rejoindre en quelques mois le bureau de Paris, après Sabrina Aïnouz et Jérôme Lehucher en octobre 2020.

Squire Patton Boggs, reconnu pour ses succès importants et récurrents, gère actuellement 125 arbitrages représentant un total d’enjeux cumulés de plus de USD45 milliards.

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La belle et le petit cochon : affaire Jeff Koons, la cour d’appel de Paris alourdit les condamnations

La condamnation pour contrefaçon de Jeff Koons a été confirmée le 23 février 2021 par la cour d’appel de Paris qui a même alourdi les condamnations à l’encontre de l’artiste américain. Outre le fait qu’il est heureusement, relativement rare qu’un artiste de renom soit condamné pour plagiat, cette affaire présente l’intérêt d’exposer peu ou prou toutes les défenses possibles en matière de contrefaçon de droits d’auteur.

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Application du régime de l’arbitrage international à l’exequatur en France d’une sentence rendue à l’étranger, indépendamment du caractère interne ou international de la sentence

Cass. civ. 1, 13 janvier 2021, 19-22.932

 Les dispositions des articles 1514 et suivants du code de procédure civile relatifs à la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales sont applicables à la fois aux sentences arbitrales internationales et aux sentences rendues à l’étranger, quel que soit, pour ces dernières, leur caractère interne ou international.

 Les faits d’espèce sont classiques. Une société égyptienne a signé un contrat d’adduction de gaz naturel avec la société Egyptian General Petroleum Corporation (EGPC), établissement public de droit égyptien gérant les activités relatives au gaz et au pétrole en Egypte. La parité de la livre égyptienne ayant été modifiée par décret, la société égyptienne a tenté de négocier un accord en raison de l’accroissement de ses charges financières. Face au refus de son cocontractant, elle a mis en œuvre la clause d’arbitrage stipulée au contrat.

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