Archives: CULTURE & PAPILLES

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Anniversaire, 40 ans déjà : « Laisse béton ! »

Laisse Macron !

« J’étais tranquille, j’étais peinard
accoudé au flipper,
le type est entré dans le bar,
a commandé un jambon-beurre,
puis il s’est approché de moi,
pi y m’a regardé comme ça :
T’as un vote, mon pote, il me botte !
J’parie t’aime bien la drague,
viens faire deux tours dans l’terrain vague,
j’vais faire une marche, c’est rigolo
à grands coups de chaînes de radio
j’te fais ton vote à la baston !

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Joyce Maynard

« C’est là, sur ces pentes, que nous avons tout découvert. Os d’animaux et excréments de cerfs. Oiseaux, fleurs, préservatifs. Corps d’animaux morts et corps d’hommes. Pierres et lézards. Le sexe et la mort ». Ainsi s’exprime la jeune narratrice de « L’homme de la montagne »[1] qui, avec sa cadette, vit son enfance qui se fane à l’école de la nature qui environne leur maison.

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American family, toujours et encore

Il est banal, voire inévitable, que la famille soit au cœur d’une œuvre romanesque, pour la célébrer ou la décrier, la sacraliser ou la honnir, la décortiquer ou la pulvériser. Lorsqu’il s’agit d’un roman nord-américain, cette cellule sociale érigée en valeur morale suprême par un peuple qu’on dit puritain et qui en tout cas met le nom de dieu jusque sur ses billets de banque, devient un thème de curiosité légitime quand on sait que l’évolution des mœurs étasuniennes retentit à plus ou moins longue échéance sur celles du vieux continent.

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Jim Fergus

Nul besoin de savoir si la famille dont la saga est racontée dans Marie-Blanche [1] est bien celle de Jim Fergus. L’auteur, né en 1950 de mère française et de père américain, brouille les pistes dès la dédicace et la note liminaire, en soulignant que « noms, événements, intrigues et péripéties [sont] tous réels » mais que « ce livre reste un roman, une fiction, une œuvre d’imagination qui se déclare comme telle ».

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Caryl Férey

Ce Breton de 49 ans a fait un tour du monde à 2O ans et a écrit pour le Routard : depuis, Caryl Férey est devenu l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages ainsi que de romans pour la jeunesse.
Zulu  [1] est un copieux roman policier d’une densité extraordinaire et d’une prodigieuse richesse. C’est que l’auteur se documente avec sérieux ainsi que l’atteste la bibliographie jointe.

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Anne Plantagenet

« Ecrire, c’est tenter de suivre les traces de sa propre énigme » lit-on dans les premières pages de Appelez-moi Lorca Horowitz[1], le dernier roman d’Anne Plantagenet, née en 1972. À partir d’un bref article paru dans Elle, l’auteur enquête sur l’histoire vraie de cette secrétaire qui a tenté de réussir sa vie en détruisant celle de ses patrons.

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Boualem Sansal

Dès son premier livre, Le serment des barbares[1], Boualem Sansal, né en 1959 en Algérie où il vit, frappe fort, dans une écriture torrentielle d’une grande richesse, qui balance entre abstraction allusive et métaphore énigmatique. Son obsession douloureuse : la dérive tous azimuts de son pays. C’est à Rouiba, dans la plaine de la Mitidja, non loin d’Alger, défiguré par des projets  industriels inconséquents.

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Alain Mabanckou : une enfance congolaise

« J’ai foulé la terre de mon royaume d’enfance » écrit Alain Mabanckou (né en 1966) dans Lumières de Pointe-Noire[1] où il relate le voyage qu’il a effectué au pays qui l’a vu grandir, vingt-trois ans après qu’il l’a quitté pour faire ses études de droit en France. Le lecteur feuillette l’album de famille au fil du récit car de nombreuses  photos personnelles illustrent le texte et la proximité qui en résulte est tout simplement bouleversante.

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Hedi Kaddour : ses trois romans

Les Prépondérants[1], troisième roman de Hedi Kaddour, vient de paraître. Né en 1945 de père tunisien, cet universitaire, enseignant, traducteur de l’anglais, de l’allemand et de l’arabe est aussi poète. Le livre s’ouvre sur un pays d’Afrique du Nord, sous protectorat de la France, dans une région rurale où, en 192O, l’arrivée d’une équipe de cinéma américaine provoque un choc.

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Heinrich, Klaus et Erica Mann

Il est un autre lien que celui du sang qui unit les membres de la famille Mann. Le prix Nobel attribué à Thomas en 1929 ne doit pas faire oublier que quelques-uns de ses premiers textes ont paru dans une revue dirigée par son frère Heinrich, son aîné de quatre ans. Si par ailleurs il ne fut pas forcément facile pour ses enfants de grandir à l’ombre d’un géniteur aussi célèbre, Klaus et Erica se tournèrent tous deux vers l’écriture.

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Jean Rolin, l’arpenteur

 « …la lancinante question de ce que je pourrais bien faire, en « voyage » à Paris, qui ne soit pas du journalisme pittoresque ou de la sociologie de comptoir » s’interroge Jean Rolin, journaliste, écrivain et voyageur dans Zones [1] . Toponymie et dates sont d’une exactitude maniaque dans une déambulation au cours de laquelle l’auteur pose sur les êtres et les choses de rencontre un regard sans préjugés ni arrogance, avec juste ici ou là un rapide éclat de rage ou un sourire délicatement ironique.

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Musées et expositions


Musée d’art Moderne de la ville de Paris – MAM

L’accrochage des tableaux modernes et quelques œuvres contemporaines a été totalement renouvelé ; la visite de la collection dite « permanente », mais qui ne l’est pas, est non seulement gratuite, comme dans tous les musées de la ville de Paris (c’est toujours un bonheur d’aller au Petit Palais et de se reposer dans la cour intérieure magnifiquement décorée, arborée et fleurie où vous pourrez également vous restaurer simplement).

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Paul Auster aujourd’hui

Pour qui le découvre à la lecture de ses deux derniers ouvrages, la connaissance de l’homme, de l’Américain Paul Auster se fait à grands pas et de façon quasi exhaustive. S’adressant à lui-même en se tutoyant (dans la version française qu’il a sans doute agréée), il s’autorise cette familiarité dans la mesure où il se fréquente assidûment depuis toujours dans une grande partie de son œuvre.

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« Un oiseau blanc dans le blizzard » de Laura Kasischke

« Un oiseau blanc dans le blizzard » de Laura Kasischke Un intermède de littérature américaine, mais soyez rassurés, nous reviendrons aux écrivains allemands prochainement. Le départ, le 13 avril 2015 de Günter Grass, immense écrivain controversé qui a quelque peu escamoté son passé, sa jeunesse, ce qui ne l’a pas empêché d’être lauréat du prix Nobel en 1999, devrait nous occuper.

Kasischke, qui nous fait penser à Carol Oaks, autre grande dame de la littérature américaine, en patiente attente du prix Nobel, mêle adroitement littérature classique et roman policier.

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Le 16 juin approche, il y a 200 ans, Waterloo…!

Waterloo! Waterloo ! Waterloo ! Morne plaine
 
(…) « L’Elysée ! L’Elysée ! L’Elysée ! Morne plaine !
Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,
Dans ton cirque de lois, de promesses, de brouillons,
La pâle mort mêlait la sombre mondialisation.
D’un côté c’est l’Europe et de l’autre la France.

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Jacques Attali : du livre aux expositions

Après BHL, Jacques Attali, qui a tout fait ou presque, devient conseiller scientifique, sorte de commissaire adjoint, de deux expositions inspirées de son livre « Une brève histoire de l’avenir » qui nous expédie en 2030, qui seront présentées simultanément à partir du 11 septembre [sic] au Musée des Beaux-Arts de Bruxelles et le 21 septembre (journée internationale de la paix) au Louvre.

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Lectures


« Les Ombres d’un Président »

Lectures C’est quoi le hollandisme ? Cela semble être le propos des Ombres d’un Président de François Bazin, Plon, 200 pages pour seulement €14,90.

Lecture faite en diagonale, il s’avère que Monsieur Bazin ne nous apprend rien que nous ne sachions déjà sur le Président en exercice, dont la normalité est affligeante. Nous savons que « Petite Blague » – dixit Fabius – ne veut pas changer de politique, mais après recherches et réflexions, nous devons constater qu’il n’a pas et n’a jamais eu de politique et donc il ne peut en changer.

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Laurent Mauvignier

Des romans de Laurent Mauvignier on peut constater d’abord la singularité des titres : Loin d’eux, Des hommes, Autour du monde. Difficile de faire plus général. Un lecteur malveillant pourrait y voir paresse ou indifférence de la part de l’auteur. La lecture des œuvres éclaire cette apparente banalité d’un jour plus intéressant. Les histoires qu’elles racontent, bien que très précisément inscrites dans des contextes clairement définis, pourraient prétendre à l’universalité.

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Lectures

Le Professeur Unrat de Heinrich Mann[1] paru en 1905, dont Josef von Sternberg s’est inspiré pour son « Ange Bleu », classique du cinéma allemand d’avant-guerre avec Marlène Dietrich dans le rôle de Lola-Lola, chanteuse de music-hall.
Le personnage clé est un professeur de lycée dans la bonne ville de Lübeck, berceau des Mann, Immanuel Rath et dont le sobriquet devint Unrat, qui veut dire en allemand « ordure » ou « immondice », la risée chahutée de plusieurs générations de lycéens et le souffre-douleur de ses collègues du corps professoral.

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Andrei Makine : France-Russie aller-retour

Il est le plus russe des écrivains français, en ce sens qu’Andrei Makine, né en Sibérie en 1957 et réfugié dans notre pays depuis 1987 a écrit toute son œuvre (20 titres à ce jour) dans notre langue. Elle témoigne dans sa totalité de la mémoire indestructible concernant l’histoire bouleversée comme nulle autre de son pays natal mais aussi, dans plus d’un ouvrage, de l’attachement de l’exilé à la terre qui l’a accueilli.

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Frederick Busch

Seulement cinq titres sont disponibles en français, sur les vingt-cinq que compte l’œuvre de Frederick Busch (1941-2006). En abordant cet auteur new-yorkais avec Filles [1] , le premier traduit en 2000, on écoute le récit que fait Frank, avec la sécheresse d’un procès-verbal. Comme absent au monde, frère lointain de l’Étranger de Camus, ce flic déchu devenu vigile sur un campus pour la jeunesse dorée de la côte Est, laisse entrevoir peu à peu les possibles raisons de sa quête quasi mystique : rechercher sans repos des filles disparues et leurs ravisseurs ou assassins, dans un décor où la neige refuse de fondre, manteau de Noé immaculé sur un univers de désirs pervers, de drogue, de viol.

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Musées et expositions

Musées et expositions Haïti, deux siècles de créations artistiques. Les accrochages du Grand Palais en cette fin d’année 2014 sont variés. Nous vous avons rendu compte de l’exposition Niki de Saint Phalle le mois dernier et, avant cela, celle consacrée à Hokusai qui, selon certains, est le plus grand artiste japonais de tous les temps, qu’il s’agisse de son œuvre peinte, dessinée ou gravée.

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Fiona Kidman

Paru en mai de cette année Le livre des secrets [1] date pourtant de 1986. C’est une prodigieuse saga, dans une tradition bien représentée parmi les romans anglo-saxons. Il raconte l’errance , à la fin du XIXème siècle, d’une communauté chassée d’Ecosse par l’éviction des petits fermiers et guidée par un illuminé à la force de conviction peu commune.

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Eric Faye : voyages, voyages

L’homme sans empreintes[1] est une fiction dont le héros B. Osborn cache en réalité un des écrivains les plus mystérieux que compte la littérature contemporaine : B. Traven, l’auteur notamment de Le Trésor de la Sierra Madre qui déclarait « Un écrivain ne devrait pas avoir d’autre biographie que ses livres ». Bien que sérieusement documenté, le livre d’Eric Faye, né en 1963, n’apporte pas de révélations inédites; il ajoute au contraire sa part de jeu avec l’identité des personnages et cette sorte de mise en abyme rend passionnante comme celle d’un polar l’ « enquête », ou plutôt la quête à laquelle se livre l’auteur.

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