La Revue Squire

Les Instituts Confucius ou l’édification d’un soft power chinois

Par Diane DOUCERAIN, Etudiante à Sciences Po Paris


Rédigé par Diane Doucerain le 3 Août 2008

Plus de 2000 ans après sa mort, voilà Confucius (re)convoqué pour symboliser la puissance chinoise et lui donner les moyens du soft power dont elle a aujourd’hui besoin. Le décollage économique fulgurant de la Chine ne lui a pas fait oublier la formidable opportunité que constitue pour elle le rayonnement culturel, sans lequel il n’est au fond pas de véritable puissance.



Comparables aux Alliances Françaises ou au British Council, les Instituts Confucius, dont le but est la diffusion de la culture chinoise à travers le monde, sont de création récente. Le premier a été ouvert en novembre 2004, à Séoul. En Europe, c’est à Stockholm, que le premier institut a ouvert, en 2005. L’Afrique a vu arriver son premier Institut Confucius en 2005 également, à Nairobi.

Ils sont placés sous la direction et la supervision du Bureau extérieur d’Etat de la direction de l’Enseignement du chinois, le Hanban, dont le siège est à Pékin. Ils prennent le plus souvent la forme d’une coopération bilatérale avec une institution spécialisée dans l’éducation (dont les universités) ou les services pédagogiques.

En mars 2008, on en dénombrait 230, implantés dans 70 pays et il est prévu d’atteindre le chiffre d’un millier d’instituts d’ici 2020.

D’après les statistiques du Ministère de l’Education chinois (2005), plus de 30 millions de personnes apprennent la langue chinoise hors du territoire chinois.

La France compte actuellement 4 Instituts Confucius, dont un à Poitiers, deux à Paris, un à Rennes et un à La Rochelle. Deux instituts devraient prochainement ouvrir à Strasbourg et à Clermont Ferrand.
La Chine, avec une histoire riche de plus de 5000 ans et un patrimoine culturel colossal, bien qu’écorné pendant la Révolution culturelle, possède un capital de soft power et une capacité d’attraction inépuisables.

Les Instituts Confucius prennent toute la mesure de cette richesse puisque des cours très divers y sont dispensés. Par exemple, au sein de l’Institut Confucius de Paris 7, outre les cours de langue, sont proposés des cours de cuisine chinoise, de calligraphie ou encore de taiqi.

Ces instituts participent de la construction d’une politique étrangère de long terme, d’un soft power, qui vise clairement à agir sur les mentalités et d’apaiser si possible les craintes liées à la menace du péril chinois. L’idée est que si l’on connaît mieux la Chine, on aura moins de réserve, voire d’hostilité à son encontre et l’on acceptera mieux sa puissance et pourquoi pas sa domination, fondée sur le nombre. Tout est question de préparation de terrain. Sur ce plan là, la Chine pourrait se révéler plus diplomate et habile que les Etats-Unis, dont le soft power est largement entamé par les vicissitudes de son hard power.

Où trouver l’Institut Confucius

A Paris un institut Confucius est rattaché à l’Université Paris 7, l’autre au Centre culturel de Chine à Paris.

A Poitiers, l’Institut Confucius fait partie de La Maison des langues de l’université, .

A La Rochelle c’est le Centre de ressources internationales de l’université qui accueille l’Institut Confucius.





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