La Revue Squire

Impressions birmanes


Rédigé par Dorothée Chautard le 26 Juillet 2014

Dorothée Chautard, collaboratrice au sein du département Corporate à Paris, nous a adressé depuis l’Asie où elle a voyagé quelques mois, ses « Impressions birmanes ».
Elle reprend son poste fin juillet.



Mingala ba ! Quel que soit le moment de la journée, voilà comment il convient de rendre leur salut chaleureux aux Birmans.

Les lèves-tôt constateront qu'à 6h du matin l'agitation dans les rues des villes du pays est comparable à celle de Paris aux heures de pointe. C'est également au petit matin que l'on peut apercevoir les moines, parfois âgés de cinq ans, leur bol à aumônes sous le bras, arpentant les rues en quête de nourriture. L'heure du dernier repas de leur journée sonne à 10h15 (image ci-dessous de moines faisant la queue pour prendre place à table dans un monastère) et à compter de midi il leur est interdit de manger.

C'est également le matin que l'ambiance sur les marchés est à son apogée. Dans l'état Shan à l'est du pays le cycle des marchés est tous les 5 jours selon le calendrier lunaire. Il s'agit de se trouver le bon jour dans la bonne ville afin de ne pas rater l'effusion de couleurs, de bruits, d'odeurs ou tout simplement se poser dans un coin afin d'observer le déroulement de la vie locale.

Une belle journée de promenade birmane trouve son point d'orgue dans la traversée du célèbre pont en teck de U-Bein près de Mandalay. Sur ce pont d'1,2 km entièrement en bois se promènent au coucher du soleil toute la société birmane: amoureux se tenant chastement par le bras, groupes de jeunes moines profitant de la relative fraîcheur, familles et autres pêcheurs locaux.

En soirée on assiste à un spectacle de marionnettes ou encore yok-thei pwe dans l'arrière salle de la boutique. En basse saison, l'affluence se résume souvent à... deux touristes! Le marionnettiste représente par la manipulation habile de ses poupées des scènes de la vie des cours royales, mais également des vieillards, les esprits (les nats) et des animaux. Cet art se transmet encore de génération en génération au sein de quelques familles. On passe un moment délicieux hors du temps à l'ère des effets spéciaux 3D et autre loisirs numériques et virtuels.

Le moyen de transport qui permet d'appréhender la Birmanie profonde est sans aucun doute le train. Celui-ci "sautille"(c'est un euphémisme !) à travers des villages et des paysages où le temps semble s'être arrêté depuis très longtemps. 

Le contraste peut être frappant entre les petites maisons sur pilotis en bambou abritant des familles nombreuses et la richesse des monuments bouddhistes couverts d'or dans un même village. Les familles birmanes versent souvent près de 30% de leurs revenus pour l'entretien et l'amélioration des temples et la vie des monastères locaux.

C'est à celui qui aura le plus grand bouddha, le plus beau temple et la pagode la plus scintillante.

La Birmanie c'est le pays des milliers de temples, des millions de moines, des sourires (souvent édentés chez les hommes par la mastication à longueur de journée du bétel, noix de bétel mélangée à de la chaux et du tabac enroulée dans une feuille), mais la Birmanie c'est aussi le pays de l'absurde et souvent grâce à (à cause de) ses dirigeants: en 1974 le général au pouvoir décide que dorénavant et pour un peu plus oublier le passé colonial britannique (mais aussi dit-on parce que son astrologue lui avait affirmé que la droite lui était plus favorable), on arrêtera en Birmanie de conduire à gauche et on roulera à droite ! Toutefois les véhicules (qui sont surtout des véhicules de seconde main japonaise et venant de Thaïlande) ont tous le volant à... droite. Résultat assez cocasse, en Birmanie le volant est du mauvais côté et le conducteur compte donc souvent sur son passager pour jouer le rôle du copilote quand il s'agit de doubler !


Contact : dorothee.chautard@squirepb.com





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