La Revue Squire

Deux ou trois choses que je sais de M.D.
( Marguerite Duras )


Rédigé par Emdé le 20 Juin 2010


On commence par « La douleur », un volume de nouvelles dont la rédaction est contemporaine des événements évoqués, mais que leur auteure dit avoir retrouvées dans un tiroir en 1985. Le choc est violent. Inquiétude, effroi et aussi malaise et révolte, d’un texte à l’autre, qui ont pour thèmes l’Occupation, la déportation, la résistance, la collaboration.

Puis on profite de la sortie en Folio de la monumentale ( près de mille pages ) biographie que Laure Adler a consacrée à Marguerite Duras, intitulée sobrement « Marguerite Duras » pour mieux comprendre la part de vécu que comportent ces récits terribles qui nous ont tant bouleversé. Le vaste ouvrage, qui vise à l’exhaustivité – non sans quelques redites – fait découvrir une personnalité singulière et une existence agitée mais aussi une auteure poussée par un impérieux besoin d’écrire et qui construira une œuvre dont l’énumération s’étale sur plus de quatre pages ( filmographie comprise).

Alors on a envie de la suivre pas à pas dans l’élaboration de cette œuvre considérable, depuis le début. « Les impudents » date de 1943. On est séduit dans ce tout premier roman par le mystère des personnages, en attente, par l’absence de psychologie, le poids de la famille, le sentiment de la nature ou plutôt de la terre, la violence du meurtre, la soif de l’argent. Tout cela dans une écriture atone d’où émergent cependant des fulgurances poétiques.

Ces éléments qui ont partie liée, peu ou prou, avec l’expérience de la vie de l’auteure se révèlent récurrents et on se sent familier d’un univers à la lecture de « La vie tranquille » ( 1944). C’est donc en connaissance de cause qu’on lit « Un barrage contre le Pacifique » ( 1950) qui fit beaucoup pour la réputation littéraire de Marguerite Duras et bénéficia d’une adaptation cinématographique ( pas par notre écrivaine, pas encore ). Et puis là on constate, avec un certain désarroi, que le charme n’opère plus, que l’ennui gagne, que les répétitions pèsent, que l’argument, mince, semble étiré.

Peut-être faudra-t-il chercher plus avant dans la création de Marguerite Duras pour découvrir l’incomparable musique que célèbrent ses adulateurs. Peut-être. Plus tard. Plus loin, dit-il.

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Note : Tous les ouvrages cités sont disponibles en Folio





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