La Revue Squire


Rédigé par Stéphanie Faber le Jeudi 28 Septembre 2017 à 18:23

Saisie d’une plainte en 2016 à l’encontre du traitement « Admission Post-Bac » ou APB (dont l’objet est le recueil et le traitement des vœux des candidats à une admission en première année d'une formation post-baccalauréat), la CNIL a mené des investigations qui ont révélé plusieurs manquements.


S’agissant des formations non sélectives, seul l’algorithme détermine automatiquement, sans intervention humaine, les propositions d’affectation faites aux candidats, à partir des trois critères issus de l’article L. 612-3 du code de l’éducation : le domicile du candidat, sa situation de famille et l’ordre de préférence des vœux qu’il a formulés. Or, l’article 10 de la loi Informatique et Libertés précise qu’aucune « décision produisant des effets juridiques à l’égard d’une personne ne peut être prise sur le seul fondement d’un traitement automatisé de données destiné à définir le profil de l’intéressé ou à évaluer certains aspects de sa personnalité ».

L’information des candidats sur le portail APB est insuffisante, au regard des exigences de l’article 32 de la loi Informatique et Libertés, s’agissant notamment de l’identité du responsable de traitement, de la finalité du traitement et des droits des personnes.

La procédure de droit d’accès ne permet pas aux personnes d’obtenir des informations précises relatives à l’algorithme et à son fonctionnement, notamment la logique qui sous-tend le traitement APB ou le score obtenu par le candidat. En effet, l’article 39 de la loi Informatique et Libertés dispose que les personnes qui exercent leur droit d’accès doivent pouvoir obtenir « Les informations permettant de connaître et de contester la logique qui sous-tend le traitement automatisé en cas de décision prise sur le fondement de celui-ci et produisant des effets juridiques à l'égard de l'intéressé ».
 
La Présidente de la CNIL a décidé de mettre en demeure le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation de se mettre en conformité avec la loi dans un délai de trois mois. La réforme récemment annoncée du dispositif APB devra donc s’inscrire dans l’objectif d’un strict respect, conformément à cette mise en demeure, de la loi Informatique et Libertés. Il est rappelé en outre que cette mise en demeure n'est pas une sanction.
 
L’utilisation des algorithmes fait l’objet de beaucoup d’attention de la CNIL. Le RGDP qui entre en vigueur dans quelques mois contient une série de règles s’appliquant aux décisions automatisées fondées sur le profilage. Cette décision de la CNIL risque donc d’être suivie de beaucoup d’autres.
 


PROTECTION des DONNEES PERSONNELLES


Rédigé par Squire Patton Boggs le Mercredi 27 Septembre 2017 à 10:28

2017 Employment Law Worldview Webinar Series


Following the election of Emmanuel Macron in the French presidential elections in May 2017, and as announced during his campaign, a major and ambitious transformation of France’s labour laws has been launched. The reforms are intended to tackle mass unemployment and make France more competitive in the global market. In late August 2017 the government issued five Decrees containing significant measures aimed at overhauling and simplifying the French Labour Code. The changes will materially affect all businesses with operations in France.

On 18 October at 4.00 p.m. BST (UK) (5.00 p.m. CEST, 11.00 a.m. EDT, 8.00 a.m. PDT), Cristelle Devergies-Bouron and Jeremie Gicquel will take participants through the key changes, including the:
 
- Main changes in relation to redundancies
- New organisation of social dialogue
- Reorganisation of collective bargaining

The webinar will be a 50-minute presentation in English followed by a 10-minute online question and answer session.

Intended to help participants manage labour and employment law risk across their international operations, the webinar will be of interest to both HR professionals and in-house counsel.

This webinar is part of our 2017 series focusing on the key labour and employment issues in countries throughout Europe, the Middle East, Asia Pacific and the US.

Register


Vie du Cabinet


Rédigé par Camille Louis-Joseph le Lundi 25 Septembre 2017 à 13:00

Avocats et juristes : les experts du futur
Prêter serment en 2017 revient à atterrir sur une planète en pleine mutation technologique. Les professions juridiques sont à un tournant sans précédent. Lire tous les jours que sa profession pourrait être vouée à disparaitre pourrait légitimement inquiéter tous les jeunes avocats et juristes, mais il ne doit pas en être ainsi. En effet, nos professions doivent se moderniser et se digitaliser et les jeunes professionnels, issus de la fameuse génération Y, sont les plus à même de saisir toutes les opportunités de cette mutation. Nous devons profiter de tous les outils mis à notre disposition, à l’image de l’incubateur du barreau de Paris, pour participer à l’innovation de nos professions. Non, la profession d’avocat ne s’éteindra pas, pas plus que celle de juriste, non, tous les secteurs du droit ne sont pas bouchés et non, les robots ne nous remplaceront pas.

Il est impératif de prendre conscience de la mutation actuelle, de l’accepter et d’agir en conséquence. Pour les avocats de nouveaux métiers naissent presque chaque année grâce à l’évolution économique, technologique et juridique. Le métier est en constante évolution et a pour seul élément statique sa déontologie professionnelle, base structurante de la profession d’avocat.


Editorial

Dans un arrêt en date du 6 juillet 2017, la Cour de cassation a jugé que les coûts des mesures de blocage et de déréférencement de sites contrefaisants devaient être supportés par les FAI et les moteurs de recherche.


Cass, 1ère Civ, 6 juillet 2017 n°16-17.217, 16-18.298, 16-18.348, 16-18.595

Plusieurs organisations professionnelles de l’industrie du cinéma avaient assigné devant le Tribunal d’instance de Paris des FAI et des moteurs de recherche afin que ces intermédiaires techniques mettent en place, à leur charge, des mesures de blocage et de déréférencement à l’encontre de sites de streaming et de téléchargement contrefaisants.

Cette demande se fondait sur l’article L.336-2 du Code de Propriété Intellectuelle qui dispose :
« En présence d'une atteinte à un droit d'auteur ou à un droit voisin occasionnée par le contenu d'un service de communication au public en ligne, le tribunal de grande instance, […] peut ordonner […] toutes mesures propres à prévenir ou à faire cesser une telle atteinte à un droit d'auteur ou un droit voisin, à l'encontre de toute personne susceptible de contribuer à y remédier ».

Les intermédiaires techniques refusaient de mettre en place ces mesures en faisant notamment valoir qu’ils n’étaient pas responsables des contenus contrefaisants disponibles sur des sites de streaming ou de téléchargement et que dès lors il ne leur revenait pas de supporter le coût des mesures judiciaires ayant pour but d’en empêcher l’accès.


PROPRIETE INTELLECTUELLE - DROIT DU NUMERIQUE

CE 19 juillet 2017, n° 391849

Dans un arrêt du 19 juillet 2017 (CE 19 juillet 2017, n° 391849), le Conseil d’Etat s’est prononcé, pour la première fois à notre connaissance, sur l’impact de l’annulation par le juge administratif de la décision d’homologation ou de validation du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) sur la validité des autorisations de licenciement des salariés protégés inclus dans le projet de licenciement économique collectif accordées par l’inspection du travail.

Tout d’abord, le Conseil d’Etat a rappelé que l'existence d'une décision de validation ou d'homologation du PSE figure au nombre des conditions à respecter pour que le licenciement d’un salarié protégé puisse être légalement autorisé par l’inspection du travail (application combinée des articles L. 1233-24-1 à L. 1233-24-4, L. 1233-57-2 et L. 1233-57-3, L. 1233-58 et L. 1233-61 et L. 1235-10 al.1 du Code du travail).

Ensuite, le Conseil d’Etat a considéré que le tribunal administratif avait à bon droit annulé, pour excès de pouvoir, la décision d'homologation du PSE, et décidé que cette annulation entraînait l'illégalité de la décision autorisant le licenciement du salarié protégé.

A noter cependant que lorsque l’annulation de la décision d'homologation ou de validation du PSE, prononcée à compter du 8 août 2015 (date d’entrée en vigueur de la loi Macron introduisant les articles L. 1235-16 al. 1 et 2 et L. 1233-58 II al. 8 et 9 du Code du travail), résulte d’une simple insuffisance de motivation qui est rectifiée dans les 15 jours par la Direccte, elle n'entraîne pas, par elle-même, l'illégalité des autorisations de licenciement accordées dans le cadre de ce licenciement collectif.

Enfin, le Conseil d’état a précisé qu’eu égard à l'effet rétroactif des annulations contentieuses, aucune décision d'homologation du PSE n'était en vigueur à la date à laquelle l'inspecteur du travail a autorisé le licenciement du salarié protégé et que l’autorisation donnée ne pouvait donc pas être légalement accordée.

Une telle annulation n’est pas indolore pour l’employeur puisqu’à défaut d’accord sur la possible réintégration du salarié protégé concerné dans l'entreprise, l’employeur doit lui verser une indemnité qui ne peut être inférieure aux salaires des six derniers mois. Cette indemnité est due sans préjudice de l'indemnité de licenciement.
 


Droit SOCIAL

1 2 3 4 5 » ... 613











Rester Connecté
Rss
LinkedIn
Twitter




Si vous souhaitez recevoir par email, dès leur mise en ligne, tous les articles publiés sur La Revue, saisissez ici votre adresse :