La Revue Squire

Partir suivre une formation (type LLM) à l’étranger


Rédigé par Hammonds Hausmann le 10 Juillet 2009

Petit vade-mecum pour les juristes qui souhaitent partir suivre une formation (type LLM) à l’étranger après une première expérience en cabinet ou en entreprise.



Propos recueillis auprès de candidats au départ

LA PREPARATION DU DOSSIER DE CANDIDATURE·

Choisir son /ses université(s) cible(s) et vérifier la date limite de dépôt des dossiers

La première chose à savoir, est qu’il faut s’y prendre (très) en avance, surtout quand on veut étudier aux Etats-Unis. A titre d’exemple : les dossiers de candidature pour Harvard ou Berkeley, doivent être finalisés et envoyés avant le 1er septembre de l’année qui précède la formation, soit plus d’un an à l’avance !

Heureusement que certaines autres universités de qualité pratiquent des délais plus raisonnables (février pour la plupart des universités américaines, avril pour Londres… ) !

La préparation des dossiers de candidature est un travail à plein temps, un chemin semé d’embûches au cours duquel de nombreux acteurs extérieurs interviennent (comprendre : même si on est efficace, ce n’est pas gagné. Il faut prévoir de la marge !).

Sachez aussi que certaines universités vous recommandent, d’autres vous obligent à recourir à un organisme appelé LSAC qui vous propose pour $185 de collecter toutes les pièces exigées par les universités américaines. Cela vous permet de ne constituer qu’un seul dossier que LSAC se charge ensuite d’adresser à un maximum de 5 universités que vous aurez choisies. L’avantage réel est qu’en passant par cet organisme vous n’aurez pas besoin de faire appel à des traducteurs assermentés et vous pourrez traduire vous-mêmes vos diplômes et relevés de notes. Vous économisez ainsi de l’argent, ce qui n’est pas négligeable mais en contrepartie, de longues soirées vous attendent !

Le TOEFL

Passage obligé. Se connecter sur le site www.ets.org/toefl et prendre un rendez-vous pour une session de test. La session dure 4h et les conditions d’examen ne sont pas idéales (clavier AZERTY converti en QWERTY grâce à de minuscules étiquettes qui se décollent, proximité d’environ 10cm avec le voisin d’à côté qui hurle dans son casque juste avant ou juste après nous car il ne va pas à la même vitesse, etc …). Si vous ne voulez pas re-payer $17 par relevé de note, choisissez AVANT de passer le TOEFL dans quelles universités vous postulez et indiquez leur code AVANT de faire le test. Il y a 4 relevés de notes gratuits.

Attention, il faut prévoir un certain délai entre la prise de rendez-vous et le jour du test (plus d’un mois), puis entre le test et les résultats, environ un mois.


La traduction des notes

Les universités anglo-saxonnes exigent des copies certifiées conformes en anglais (!) de tous vos relevés de notes universitaires. Autant dire que pour le juriste qui a fait sa scolarité dans plusieurs universités, la tâche n’est pas simple.

Certains ont pu essayer, par soucis d’économie (pour éviter la traduction assermentée de 10 pages de notes à 150€ la page, dont les libellés de matière en français peuvent ressembler à « Drt. Fd. Priv. II » - facile à traduire pour un étranger), de traduire eux-même leurs relevés de notes, avec les heures de mise en page que cela implique, si vous n’êtes pas un pro d’Excel, pour les faire ensuite tamponner par l’université d’origine. Cela peut marcher, c’est en tous cas un mythe urbain qui circule.

Le bonheur des « essais »

Le grand classique de l’université anglo-saxonne, c’est l’ « essay », une lettre de motivation de 2 pages, expliquant qui vous êtes, pourquoi vous voulez faire cette formation, pourquoi vous y arriverez, mais aussi, en fonction de directives propres à chaque université, des développements tels que « décrivez trois situations auxquelles vous avez été confrontées et comment vous vous en êtes tirés » ou encore « comment vous avez mis en œuvre vos capacités dans un but social » …

Le plus cocace est quand on vous demande pour une même candidature deux « essais » différents, l’un avec les « objectifs d’études » et l’autre avec les « objectifs de carrière » (n’y aurait-il aucun lien entre les deux ?).

Les lettres de recommandation

C’est là que commence le casse tête pour choisir les personnalités auxquelles vous souhaitez demander qu’elles appuient votre candidature. Les universités ayant une préférence pour des lettres de recommandation de professeurs, il est bon d’avoir maintenu le contact avec certains d’entre eux. Une fois que vous les avez sollicités, il vous reste à obtenir un rendez-vous, ce qui n’est pas toujours aisé ! Par ailleurs, bien entendu les lettres de recommandation doivent être rédigées en anglais, à vous de trouver « THE » professeur qui en plus de se souvenir de vous après quelques années, pourra rédiger une recommandation en anglais.

Sortez les chéquiers

A raison de $100 par candidature, plus 75€ de Fed-Ex si l’on est un peu en retard, plus $185 pour passer le TOEFL puis $17 par relevé de note du TOEFL, il faut prévoir un substantiel « budget candidature » à $1000 (qui n’a rien à voir avec le budget « Etudes », ceci dit, mais nous en parlerons plus loin) ou parier sur la chute du dollar/de la livre sterling…

REUNIR LE FINANCEMENT

Une fois qu’une université vous a répondu favorablement, parfois plus de 5 mois après réception du dossier, il faut faire un choix et l’aspect financier devient alors déterminant.

En Grande-Bretagne la scolarité est moins chère qu’aux Etats-Unis (environ £ 16.000 contre $ 40.000) toutefois de nombreux jeunes juristes n’ont pas d’économies suffisantes ou de parentèle généreuse.

Pour les Etats-Unis la Commission Franco-Américaine offre de nombreuses possibilités de bourses, dont la prestigieuse Fulbright. Renseignements à l’adresse www.fulbright-france.org. Attention là aussi les dossiers de candidatures doivent être finalisés bien avant le départ, pour l’année scolaire 2009-2010 les dossiers devaient être complétés avant le 1er décembre 2008.

Enfin, il est bon de savoir que de nombreuses universités proposent une aide financière, sous la forme notamment de réduction (voire d’exonération) des frais de scolarité (« tuition »), qui peuvent s’élever jusqu'à $55.000 ! Il suffit de demander et compléter attentivement leur formulaire d’aide financière.

Les prêts du Barreau de Paris (pour les avocats parisiens)

Par ailleurs, le Barreau de Paris a mis en place un système de prêt en partenariat avec la BNP pour aider à financer les formations à l’étranger des avocats parisiens.
Cette aide peut prendre plusieurs formes, selon que l’on est étudiant à l’EFB et/ou dans sa première année d’exercice ou si l’on est avocat inscrit depuis plus d’un an.

Dans les 2 cas il s’agit un prêt à taux négocié (2.7%), à remboursement différé (jusqu’à 2 ans) et l’Ordre des avocats de Paris prend en charge le paiement des intérêts pendant toute la période de différé. La seule condition : revenir après sa formation, se re-inscrire au Barreau et ne pas en démissionner pendant les 3 ans qui suivent.

Les congés-formation (pour les salariés)

Pour les salariés, dès 2 ans d’expérience professionnelle et 1 an dans la même entreprise, il est possible de demander à son employeur un « congé-formation », pour effectuer une formation (stage, études…) différente de celles qui sont offertes par le plan de formation de l’entreprise (article L.6322-1 du code du travail).

Ces actions de formation doivent permettre au salarié :
- D'accéder à un niveau supérieur de qualification ;
- de changer d'activité ou de profession ;
- de s'ouvrir plus largement à la culture, à la vie sociale et à l'exercice des responsabilités associatives bénévoles.

Tout salarié qui veut recourir au congé individuel de formation doit s’adresser, pour bénéficier d’une prise en charge financière, à l’organisme auprès duquel son entreprise verse sa contribution (FONGECIF ou OPCA). Ces organismes peuvent prendre en charge la rémunération du salarié pendant sa formation, le coût de la formation, les frais de transport ou encore les frais d’hébergement.
Cependant attention, l’autorisation d’absence donnée par l’employeur n’entraîne pas automatiquement le maintien de la rémunération, ni la prise en charge des frais afférents à la formation. Le maintien de la rémunération n’est acquis par le salarié que lorsqu’il a obtenu l’accord de l’organisme paritaire agréé à cette fin. Selon les cas, celui-ci prend en charge 80 % ou 90 % de la rémunération habituelle du salarié, sauf si celle-ci est inférieure à deux fois le SMIC. La prise en charge du salaire est alors totale. Concrètement, c’est l’employeur qui verse la rémunération et se fait rembourser par l’organisme agréé.

Les congés individuels de formation pour des actions de formation dispensées dans un pays de l’Union européenne peuvent être pris en charge selon les règles et modalités définies par les fonds agréés.

En revanche, pour les congés individuels de formation qui se déroulent hors U.E. la prise en charge n’est accordée que pour les actions de formation qui ne peuvent manifestement pas être organisées en France ou dans un autre pays de l’Union.

Enfin, il faut savoir que le congé-formation est limité à un an ou 1200h.

PARTIR

Une fois le financement trouvé, il n’y a plus qu’à s’occuper du visa (le cas échéant), du logement, du voyage, du choix des cours (« graduate » ou « undergraduate » )…

Une fois tous ces obstacles surmontés, la motivation maintenue, une passionnante expérience s’offre à vous. Il y a fort à parier qu’elle va être déterminante pour la suite, tant sur le plan professionnel que géographique, mais aussi et ce n’est pas interdit, sur le plan familial.

Profitez-en à fond !





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