La Revue Squire

Naviguer sur la mer de l’information


Rédigé par Antoine ADELINE le 2 Novembre 2007


Notre nouveau site institutionnel www.hammonds.fr sera en ligne à la fin du mois. Il est enrichi d’un site éditorial, sous forme de blog, qui vous permet ici de naviguer dans La Revue.

Nous y pensions depuis longtemps. C’est maintenant chose faite grâce à l’énergie sans faille déployée par Frédéric Saffroy et une équipe composée de Frédéric Aznar de l’agence Axessit, de notre informaticien Benjamin Lebreton et de notre documentaliste Agnès Bérenger.

Il ne s’agit pas pour nous de céder à un syndrome du tout numérique, à la mode, au gadget du « farce book » ou à une « Google mania », mais simplement d’être plus proche de vous, de vous offrir une vision plus directe et dynamique de notre cabinet, de ses services, de ses talents (qu’ils soient avocats, « paralegals », assistant(e)s ou stagiaires) et surtout de mieux vous connaître, afin de répondre plus rapidement et efficacement à vos souhaits et attentes professionnelles.

L’essence d’un site Internet est d’être vivant, interactif, de s’adapter et d’évoluer en fonction des besoins des utilisateurs. Aussi, vos souhaits, commentaires et suggestions s’agissant du site et de son fonctionnement, nous seront extrêmement précieux.

Le blog de « La Revue » vous donnera accès à tous les articles parus, classés par rubrique, afin d’en faciliter la recherche. Vous retrouverez ainsi en ligne vos thèmes, rubriques, chroniques, éditoriaux préférés.

Magie du numérique, du réseau, de la toile et de l’hypertexte ? Sans aucun doute.

Nouveauté radicale d’un accès illimité à une information exhaustive ? Voire !

Les métaphores du savoir

Le savoir appelle des métaphores. Celle ancestrale de l’arbre des connaissances, mais aussi l’image du cercle des sciences à l’origine du mot encyclopédie (« enkuklios » cycle, cercle et « paideia » éducation ), ou encore celle de la mer des savoirs.

La bibliothèque d’Alexandrie a été fondée par Ptolémée 1er il y a plus de 2000 ans et avait déjà pour ambition de rassembler et préserver tout le savoir (écrit) du monde. Ils ont été nombreux dans l’Antiquité, au Moyen Age, à la Renaissance, les compilateurs d’informations plus ou moins classifiées ; je pense à Pline, Isidore de Séville, Vincent de Beauvais et tant d’autres.

Raymond Lulle, dés le 13ème siècle, dans son « Arbor scientiae » (première édition illustrée à Lyon en 1515) présente un arbre des sciences à 18 racines, ainsi que des branches, qui correspondent aux grands domaines de la connaissance. Aujourd’hui les programmes informatiques et sites se déclinent en… arborescences.

Au-delà de la compilation on voit aussi se multiplier à la Renaissance des concordances, des index, des recueils de lieux communs (la célèbre « Officina » de Ravisius Textor date de 1520), ancêtres des… moteurs de recherche.

Au début du 16ème siècle, avec le « Novum organum » de Francis Bacon (Londres 1610) dont le superbe frontispice représente une nef franchissant les colonnes d’Hercule (le détroit de Gibraltar), il se produit un basculement de la métaphore arboricole à la métaphore maritime. Le corps entier de la science est considéré comme un océan continu sans interruption ou partage. Aujourd’hui les internautes… naviguent ou surfent sur la toile.

Les paradoxes de l’information

Kennedy disait : si vous pensez que l’information coûte cher, essayez l’ignorance ! Dont acte.

Mais qui dit information utile et exploitable, dit sélection, filtre, hiérarchie, analyse de l’information. Le mythe de la tour de Babel ne serait-il pas en train de se transformer en mythe « du tour de Google ». Je veux dire, au-delà des dangers évidents de Big-brotherisation et du contrôle du contenu par le contrôle des tuyaux, le danger le plus grand n’est-il pas celui d’un brouillage, d’un bruit continu et dénué de sens. L’information totale qui va se substituer voire écraser le monde et la vie, à l’image de la carte de l’empire à l’échelle 1/1 de la nouvelle de Borges, ambition ultime de la cartographie et qui se voulait une représentation exacte de la réalité.

« L'univers (que d'autres appellent la Bibliothèque) se compose d'un nombre indéfini, et peut-être infini, de galeries hexagonales, avec au centre de vastes puits d'aération bordés par des balustrades basses. De chacun de ces hexagones on aperçoit les étages inférieurs et supérieurs, interminablement » (Borges « La bibliothèque de Babel »). Nabokov, Calvino, Eco ou sur un mode mineur Peeters et Schuiten, relaieront les leçons du Maître argentin. La technologie, à l’instar de la métaphysique, ne serait-elle qu’une simple « branche de la littérature fantastique » ? Mais attention, pas de palimpsestes avec le numérique.

Depuis toujours on retrouve 3 constantes s’agissant du savoir : la crainte de la perte, la hantise de la corruption, l’inquiétude de l’excès. C’est bien évidemment ce dernier mal qui est aujourd’hui le plus menaçant. Valéry disait que 2 choses menacent le monde, l’ordre et le désordre !

En 1545 le médecin zurichois Conrad Gessner publie sa « Bibliotheca Universalis », la plus imposante réalisation bibliographique du siècle. Tous les domaines de la connaissance sont envisagés en 16.000 titres classés par ordre alphabétique des prénoms d’auteurs. Aujourd’hui la nouvelle Bibliotheca Alexandrina fête son 5ème anniversaire. Elle s’est ralliée au projet de l’université Carnegie Mellon de Pittsburg qui entend numériser un million de livres pour constituer une... bibliothèque numérique universelle !

Curieuses redécouvertes et remise à jour de thèmes, de préoccupations, d’obsessions aussi vieilles que l’écriture. Vieux paradoxes des sciences qui s’abrégent en s’augmentant.

Un cocorico pour terminer. Le seul ouvrage numérisé à ce jour par la Bibliotheca Alexandrina, outre les archives du Président Nasser, est la célébrissime « Description de l’Egypte » publiée entre 1809 et 1828, postérieurement à l’expédition d’Egypte de celui qui n’était alors que le général Bonaparte.
Et pour être œcuménique en ces temps de guerre des textes et de choc des civilisations, je vous livre un bel aphorisme tiré de l’Histoire d’Aladin : « Le savoir est le sol des jardins du ciel ».

J’espère que le site du cabinet Hammonds Hausmann vous emmènera aussi haut !





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