La Revue Squire

MARGINALIA n°21 : « Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ? »
(Monseigneur Myriel, le général Delestraint, et la poudre de perlimpinpin)


Rédigé par Antoine Adeline le 15 Avril 2016

10 avril 2016



On s’en doutait un peu, «Je suis Charlie», « L’esprit du 11 janvier 2015 »[1] , les grandes manifestations en faveur de la laïcité, les incantations sur la liberté d’expression, ‘Voltaire pour tous’, ‘Condorcet merveilleux’ n’ont pas suffi. 35 morts à Bruxelles il y a 2 semaines. Nous sommes Bruxelles[2] , Nous sommes Paris, Nous sommes New York, nous serons bientôt Berlin. Nous sommes surtout dans la panade et pour longtemps ! A Paname, après le carnage de Charlie Hebdo, rebelote puissance 10, vendredi 13 novembre au Bataclan. Esprit du 13 novembre es-tu là ? Neuf ‘Moi Président’ de perdus et plusieurs angoisses pour le prix d’une. Il semblerait qu’il existe de la fraude fiscale dans les paradis fiscaux, notamment au Panama, et l’Europe implose. Forteresse de papier, sans projet, sans ciment, elle sombre, engloutie par la bureaucratie, les fantasmes iréniques de la chancelière allemande et les millions de réfugiés politiques et économiques du sud et de l’est. La Turquie troque les réfugiés et empoche des milliards en faisant semblant de surveiller les frontières. «The last straw» ? Le brexit va se jouer à pas grand-chose le 23 juin prochain.

Pour animer des diners explosifs en 2016, question « bleu blanc rouge » de Lucien Jeunesse de France à 1000 millions d’euros ; la faute à qui ? Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?!  L’humour est un antidote pour exorciser les peurs et les angoisses, mais il faut garder un minimum de lucidité. Pour paraphraser Fontenelle, il est toujours utile de penser juste, surtout sur des sujets utiles.

1. Le Milk bar, Charonne et la génération Bataclan

Depuis le13 novembre, il flotte une odeur de poudre, de peur et de vieux Paris Match des années 50-60 ; la rue de Charonne, « Le petit Cambodge », l’état d’urgence, les patrouilles de parachutistes, les mesures de confinement dans les écoles, la guerre des civilisations, le choc des mots, des photos, des kalachnikovs et kamikazes. L’histoire bégaie et les fantômes resurgissent. 60 ans plus tard, mêmes non-dits, mêmes malentendus et nouveaux malentendants. Les évènements, Avoir 20 ans dans les Abbesses, les wilayas ; prochaine étape de la machine à remonter le temps, «Paris brûle-t-il ? Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré !». Clin d’œil à Malraux dans le discours de François Hollande aux Invalides le 27 novembre, « Ils avaient le visage de la France… ». Nous avançons à reculons et filons un mauvais coton. Vichy, Evian ou « la malédiction des villes d’eau dans l’histoire de France ».

130 morts, 350 blessés, les Vitteloni assassinés avaient 35 ans de moyenne d’âge ; des enfants des années 80, les années Mitterrand. Pas de marqueurs historiques, une génération sans méchants, sans héros, bobof, LOL, ‘likes’, afters, MasterChef, cocooning et engagement made in Vincent Delerm : « Celles qui faisaient des exposés /Sur l'Apartheid et sur le Che /Celles qui ont envoyé du riz /En Éthiopie, en Somalie /Celles qui disaient tu comprends pas…». Avec ou sans poncho, tofu, abattoirs végétariens et sans douleur ou Nicolas Hulot, l’écologie ma non troupeau. En attendant la fin de l’Histoire et des ours blancs, Business as usual,  Onfray comme on peut. Les galères pour trouver un stage, intégrer une grande école, financer un LLM à McGill. Carpe diem. Forcément les Eagle of death Metal, ça déchire, lunaire, improbable, une tuerie… Game over.

2. La faute à qui ?

A George Bush qui n’aurait pas dû envahir l’Irak en 2003. A Barak Obama qui aurait dû envahir la Syrie en 2013. Aux Soviétiques qui n’auraient pas dû occuper l’Afghanistan en 1979. A Isabelle la Catholique, Ferdinand d’Aragon et la Reconquista de 1492. A Charles Martel qui n’aurait pas dû provoquer l'émir de Cordoue Abd el Rahman à Poitiers[3]. Aux Omeyyades qui n’auraient pas dû envahir le monde à partir du VIIème siècle. Aux marchands d’armes qui s’enrichissent sur le malheur du monde. A Mikhaïl Kalachnikov qui a mis au point l’arme des crimes. Au serpent, à Eve, à Caïn, aux machos. A la Charia qui n’est pas assez tolérante. A Angela Merkel et Recep Erdoğan qui ont grand ouvert les frontières des Balkans par lesquelles des terroristes s’infiltrent. A l’Europe qui est impuissante. Au Bouddha et à Gandhi qui nous ont fait baisser la garde. Aux salauds de bourgeois, aux salauds de pauvres. A l’état désastreux de l’économie française et au chômage de masse qui désespèrent les jeunes de 7 à 77 ans. Aux belges et à Molenbeek plaque tournante du djihadisme en Europe. Aux Eagles of Death Metal, sans qui rien ne serait arrivé. Au ‘vendredi 13’. A Israël, aux Palestiniens. A la politique extérieure de la France, trop pro-israélienne, trop pro-arabe, trop interventionniste et pas assez interventionniste. A la pleine lune et au changement climatique qui échauffent les esprits. A la Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense incapable d’exploiter les milliers de fiches ‘S’ pour appartenance ou lien avec la mouvance islamique. Au ‘modèle français’, qui est trop intégrationniste, pas assez intégrationniste, trop laïque, pas assez laïque. Au colonialisme, post colonialisme, néo colonialisme, et néo post retro colonialisme. Aux passeports, aux frontières, aux barbelés. A l’Education nationale qui ne transmet plus rien et nivelle tout le monde. A la Magistrature qui n’est pas assez répressive. Au milieu carcéral qui favorise l’embrigadement islamiste. A Mai 68 qui a ‘interdit d’interdire’. A la suppression du service militaire qui inculquait l’ordre serré, le patriotisme et favorisait un minimum de brassage social. Aux journalistes qui dramatisent la situation. A Alain Finkielkraut, Eric Zemmour, Natacha Poloni et Régis Debray qui noircissent le tableau de l’école communale, qui sont des oiseaux de malheur et nous portent la scoumoune depuis qu’ils disent que tout fou l’camp (des saints). A la sous-culture urbaine, aux jeux vidéo violents et débiles qui fascinent les ados aux têtes molles. A l’homme, qui est un loup pour l’homme. Aux assassins. Pas facile de retrouver ses petits dans cet inventaire à la préfère. Chacun fera son tiercé, dans l’ordre et surtout le désordre.

3) La France n’est pas seule, la Résistance s’organise

«…Des gouvernants de rencontre ont pu capituler, cédant à la panique, oubliant l'honneur, livrant le pays à la servitude. Cependant, rien n'est perdu ! Rien n'est perdu, parce que cette guerre est une guerre mondiale. Dans l'univers libre, des forces immenses n'ont pas encore donné. Un jour, ces forces écraseront l'ennemi. Il faut que la France, ce jour-là, soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur…» (de Gaulle, août 1940). Vendredi 13 novembre 2015, le soir le plus long ; des larmes, de la sueur, beaucoup de sang, mais l’union sacrée a triomphé. Le Président a lancé un nouveau serment de Koufra. Les crimes ne resteront pas impunis. L’union fait la force. Victime d’une chute de tension le 15, Johnny Hallyday s’est vite ressaisi « Si je n’étais pas chanteur, je prendrais une arme et j’irais les combattre », les russes ont envoyé un chiot à la rescousse[4] , Omar Sy ne lâche rien : « Quand la France est touchée, je le suis aussi ! Ils ont attaqué les Français, il faut donc que nous soyons Français ensemble. Il faut qu'on se dise qu'on s'aime, qu'on est content d'être ensemble, qu'on est stylé ensemble. Car ce qu'ils ont attaqué c'est ça, c'est notre style : on est super bon au foot, on kiffe la musique, on s'assoit à des super terrasses...».
 
« Ils ont voulu tuer l’idée de la France» ! Mais des chefs étoilés, prestigieux, ont sauvé l’honneur, ont refusé la barbarie et l’asservissement, ont lancé l’appel du 16 novembre, « Tous au bistrot ». « La pente naturelle du français c’est le bistrot » (de Gaulle). Contre la dictature islamique, Max, le grand Rex, l’Armée Secrète des ‘Alcooliques Anonymes’, le guide Michelin des bistrots de Paris, le CNR (‘Conseil National des Restaurants’), la grande bouffe, la grande vadrouille, des valises de cochons en plat de résistance pour la ‘Traversée de Paris’. «Jambier, j'veux 2000 francs, Jambier, 45 rue Poliveau ! (...) Je me lave pas moi Madame, depuis que la France a été vaincue. Et si personne se lavait, la France serait plus propre ! ».

La seconde botte secrète hauts talons Louboutin de Marianne, c’est la gaudriole, la Résistance horizontale. Paris est une fesse ! Soutien-gorge cœurs croisés de prétextes, marinières transparentes, strings kaki. Chronique des années de b®aise… Apoplexie garantie pour les ayatollahs et salafistes misogynes. « Arrière les Esquimaux ! Je rentre seul. Un matador rentre toujours seul ! Plus il est grand, plus il est seul. Je vous laisse à vos banquises, à vos igloos, à vos pingouins. ¡ Por favor Señora ! À quelle heure le train pour Madrid ? » (Un singe en hiver). Renaud, général Delestraint des comptoirs, prépare un grand comeback. C’est quand qu’on va où ? Grandeur et malédiction du signe de l’hexagone…

4) Peace, Love and Justice

Trop d’urgences tuent l’urgence ? Guerre civile,  guerre de Troie, guerre de trop ? L’exception durable, la déchéance de nationalité, les perquisitions, la mise en place d’un fichier européen sur les passagers aériens, le patriotisme, font tiquer les citoyens du monde. La guerre juste, la légitime défense, les limites du droit d’asile, Hamlet ou Hécube ? Carl Schmitt ou Hans Kelsen ? Qui est le gardien de la Constitution ? Questions épineuses et vieilles querelles de juristes. A venir, l’article 16, l’état de siège, un putsch, la milice. Non à la dictature ! Non à l’occupation ! Tous à pied, à cheval, en voiture, Emmanuelle Cosse en trottinette, Christiane Taubira à vélib’, Cécile Duflot en pédalo. Clémentine Autain n’emporte le vent mauvais, voudrait que nous soyons « des va-t en paix ». « Œil pour œil et le monde finira aveugle » (Gandhi). Avant Joan Baez et Bob Dylan, Jésus avait montré la voie : « Vous avez appris qu'il a été dit : œil pour  œil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis, si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre….moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons…» (Matthieu 5:40)

Un peu de courage, réglons le problème à la racine bio du mal. Pour mieux nous aimer les uns les autres, supprimons l’Etat, l’armée, la police, les frontières, les passeports. A la sortie des plateaux télé, en robe de bure, sœur Clémentine, frère Thomas Piketti et Monseigneur Edwy Myriel (évêque de Digne) iront mendier leurs vies (et surtout leurs avis) sur les routes de France, de Bretagne en Provence : « Refusez d'obéir, Refusez de la faire…». Le combat pour la Paix est un pari risqué. « La grande illusion» avant « La grande évasion ». Après les accords de Munich, le pacte germano-soviétique et la débâcle, les pacifistes se sentirent fort dépourvus lorsque l’Hitler fut venu. Doriot, Déat, progressistes et pacifistes tout feu tout flamme en 35, tournent Malle 5 ans plus tard… Au revoir les enfants, Le chagrin et la pitié, le silence de l’amer.

5. ‘Bourdieu mais c’est bien sûr’…. !

La sidération du 13 novembre passée, le naturel revient au galop du côté de la fine Flore des humanistes enragés, anthropologues pétitionnaires et Jean Moulin à paroles. Un seul mot d’ordre : ‘Restons groupés’, ne stigmatisons personne, ne pas hurler avec les loups ! Lesquels ? Les loups solitaires version Mohamed Merah à Toulouse, ou les meutes qui sont déjà dans Bruxelles, Paris et ses faubourgs ? Hou hou hou… Loup y es-tu ? Que fais-tu ? Il ne faut pas se refermer, mais comprendre, expliquer et accueillir. L’avis est un long fleuve tranquille. La science des sociologues est infaillible. Qu’est-ce qu’on a fait au Bourdieu !?

La thèse des ravages de l’exclusion, de la révolte générationnelle matinée de nihilisme, garde les faveurs des chercheurs (de noises et d’excuses). Un grand classique, pas très subtil, mais toujours efficace. Les tueurs de Charlie, du Bataclan, de Bruxelles, moitiés James Dean (Rebel without a cause/ La fureur de vivre), moitié Marlon Brando (The Wild one/ L’équipée sauvage), avant d’être des assassins, sont des victimes ; victimes du passé colonial, de l’apartheid social et des méchants bourgeois qui n’aiment pas l’auvergnat qui sans façon. Bourdieu mais c’est bien sûr…! - A girl: Hey Johnny, what are you rebelling against? (Hé Johnny, tu te rebelles contre quoi ?) - Johnny : What have you got ? (Qu'est-ce que tu me proposes ?)[5] . Après les Sharks, les Jets, les blousons noirs à la papa, « L’homme à la moto », voici venu le temps de l’homme à la kalache. « On trouva sa culotte, ses bottes de moto / Son blouson de cuir noir avec une kalach dans le dos/ Mais plus rien de la moto et plus rien de ce démon / Qui semait la terreur dans toute la région ... ».

Johnny veille, la racaille n’a qu’à bien se tenir, « Les portes du pénitencier bientôt vont se refermer… ». ‘Surveiller et punir’? Surveiller ou mourir !

6. La culture et la littérature, meilleurs remparts contre la barbarie

Pour le ‘Vivre ensemble’ et le ‘Nous inclusif et solidaire’, place aux artistes et à la culture. Ariane Mnouchkine va monter à la cartoucherie de Vincennes un happening explosif, « East side story ». Au Palais des Congrès, Robert Hossein prépare un chaud interactif, «Il s’appelle  Allah », avec vote par tweet sur les dangers ou les bienfaits du Coran. Les écrivain(e)s, et auteuses s’engagent ; foison d’auto-frictions ; Christine Angot, «J’ai couché avec un djihadiste», Catherine Millet « J’ai couché avec 2 salafistes », Omar Sy « Pas moi », Un pamphlet d’Edwy Plenel «Salah Abdeslam et les frères El Bakraoui, nouveaux Dreyfus, Sacco et Vanzetti, et Manouchian», un essai d’Alain Badiou sur la dimension lautréamonienne des attentats. Breton prétendait que l’acte surréaliste parfait c’est de descendre dans la rue et de tirer au hasard ; idéal pour les cadavres exquis…!

Cette année, au Bac de français, ne pas faire l’impasse sur Camus ou Dostoïevski. Retour en force de Kouligula et des frères Karimasof. Voltaire superstar avait raflé la mise après les attentats de Charlie Hebdo, mais Beaumarchais revient en force. « Je broche une comédie dans les mœurs du sérail. Auteur espagnol, je crois pouvoir y fronder Mahomet sans scrupule : à l'instant un envoyé... de je ne sais où se plaint que j'offense dans mes vers la Sublime-Porte, la Perse, une partie de la presqu'île de l'Inde, toute l'Egypte, les royaumes de Barca, de Tripoli, de Tunis, d'Alger et de Maroc : et voilà ma comédie flambée, pour plaire aux princes mahométans, dont pas un, je crois, ne sait lire, et qui nous meurtrissent l'omoplate, en nous disant : chiens de chrétiens. Ne pouvant avilir l'esprit, on se venge en le maltraitant. » (Le Mariage de Figaro).

7. La bonne et la mauvaise foi

Comment séparer le bon grain de l’ivraie, la bonne et la mauvaise foi ? To be or not to be ? Qu’est ce qui ne tourne pas rond ? Avec ou sans thé à la menthe, les vieilles ficelles, le Dictionnaires amoureux de l’Islam et les Contes des 1001 nuits, ne soufisent plus. Ne suffisent pas non plus, les malheurs du peuple palestinien, les commentaires d’Averroès sur Aristote, les trésors de l’érotologie arabe, la Ziza, Zidane, et 1 et 2 et 3 zéro, le blog de Bondy, Ibn Khaldoun, Oum Kalthoum, La Graine et le mulet, le sourire enjôleur d’Omar Sharif, Fairouz, la maison des Cultures Nomades de Molenbeek, la recette de pastilla marocaine, la nostalgie de l’âge d’or de l’islam et des belles heures du califat de Cordoue (il y a 11 siècles), les échanges entre Saint François d’Assise et le sultan al-Kamil en 1219, les vierges du paradis, la branche quiétiste du salafisme qui refuse tout engagement politique, source de ‘fitna’, les campagnes #NotInMyName, l’invention des chiffres arabes et du zéro, les buts de Karim Benzema, les sirènes du port d’Alexandrie Alexandra, Shahrazade, la bonne humeur de Djamel Debbouze, ou les goumiers du Monte Cassino. L’ère ottomane vient derrière la Rome antique.

« Nous avons un ennemi et il faut le nommer, c’est l’islamisme radical ». Pour combattre les barbares, Manuel Valls prône « l’Islam du juste milieu ». On saisit (par la barbichette) un des extrêmes, à savoir les méchants salafistes obtus et rétrogrades, les prêcheurs de haine, mais quid de l’autre extrême ? S’agit-il de l’islam (trop) tolérant !? Allah baba cool, avec un bandana qui chante l’amour du prochain ? Cette tolérance est-elle un problème ? Autre trouvaille contre l’obscurantisme, l’« habilitation des imams » permettant de certifier l'enseignement d'un « islam tolérant et ouvert ». Label tricolore, garanti sans fatwa transgénique, élevés en plein air, élevés sans trop de vert, au bon air de la République ! Bientôt un BAFA[6] spécial iman tolérant, Brevet Animation Fondamentaliste Allégée…? Last but not least, les centres de ‘dé radicalisation’, entre la salle de shoot anti-islamique et le centre anti-(a)rabique ! Beaucoup de Chariabla, d’incompréhension et d’impuissance au sommet de l’Etat.

Dans sa belle et courageuse « Lettre ouverte au monde musulman » (Marianne, octobre 2014), Abdennour Bidar renvoie les Caliméros de la compassion et les Bisounours de la repentance, à leurs Bourdieuseries. Il remet les pendules à l’heure universelle, appelle chacun à balayer devant sa porte et chaque communauté à prendre ses responsabilités en cessant de chercher des excuses et explications oiseuses aux dérives sectaires et à l’extrémisme.

8. Que faut-il au républicain, que faut-il au républicain….?

Contre l’obscurantisme et le fanatisme religieux est-il encore possible de jouer la carte de la République laïque avec ses valeurs universelles ? Là encore, arrêtons de nous voiler la farce. On ne s’en sortira pas uniquement avec : (1) Un guide pratique de vieux routard désabusé, ‘La laïcité au quotidien,’ de Régis Debray, Schtroumpf grognon, (2) La théorie du bouc émissaire, et les larmes de crocodile de notre Juvénal du lieu commun, Rebel without a pause, Edwy Pléniou, Schtroumpf quérulent, (3) La naïveté et les vœux pieux d’un Laurent Joffrin, Schtroumpf simplet, (4) Les coups de triple menton du Grand Schtroumpf, (5) Les murmures à l’oreille de la jeunesse de la Schtroumpfette Érato. Il y 2 ans Vincent Peillon a rétabli la ‘morale laïque’ dans les programmes scolaires. Il parait que tout se joue à l’école primaire. Flashback sur une pédagogie républicaine qui a fait ses preuves il y a plus de 100 ans : « Il y a dans le passé le plus lointain une poésie qu'il faut verser dans les jeunes âmes pour y fortifier le sentiment patriotique. Faisons-leur aimer nos ancêtres les Gaulois et les forêts des druides, Charles Martel à Poitiers, Roland à Roncevaux, Godefroi de Bouillon à Jérusalem, Jeanne d'Arc, Bayard, tous nos héros du passé, même enveloppés de légendes car c'est un malheur que nos légendes s'oublient, que nous n'ayons plus de contes du foyer, et que, sur tous les points de la France, on entende pour toute poésie que les refrains orduriers et bêtes, venus de Paris. Un pays comme la France ne peut vivre sans poésie (…) »[7] .

Le hic, c’est que la ‘carte républicaine’ est un assignat quelque peu démonétisé. Il ne faut froisser personne. Les vérités et valeurs républicaines d’antan (qui cimentaient le pays sous la IIIème  République), sont devenues inaudibles et tabous. On ne peut plus serrer Lavisse. On danse du ventre sur un volcan. La Marseillaise, le jour de gloire, l’étendard sanglant, font tourner de l’œil aux sans culottes de la fraternitude et du rousseauisme lacrymal. La patrie (du latin ‘patria’, terre des aïeux) n’est acceptable que si on lui accole « les Droits de l’homme ». La France n’est pas une ‘patrie’ ou notre ‘patrie’, c’est la PUDHLEF, la Patrie Universelle des Droits de l’Homme, de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité, sans oublier les Lumières ! Nous nous complaisons depuis trop longtemps dans ce nombrilisme franchouillard doublé d’une imposture historique particulièrement arrogante. L’attrape gogo est bien utile pour l’éducation civique des CM1, des étudiants de Masters 2 « Démocratie démocratique et indignation durable » de l’université Paris VIII ‘Vincennes-Saint Déni’, et des noctambules de ‘Nuit debout’, mais il n’abuse plus personne.

Maintenant que les féroces djihadistes mugissent et viennent jusque dans nos bras, égorger nos fils et nos compagnes, nous voilà bien ennuyés, nous les pacifistes, les amis du genre humains qui n’avons, n’avions, croyions n’avoir aucun ennemi ! Il nous reste de l’angoisse, de l’angoisse, toujours de l’angoisse, et le SAMU. « La force de la cité, n’est pas dans les remparts ni dans ses vaisseaux, mais dans le caractère des hommes » (Thucydide). Autre hic, j’ai bien peur que ni les ministres de l’Education nationale et de la Culture, ni le Président de la République ne savent qui sont Godefroy de Bouillon, Bayard ou Thucydide. Hic et nulles.

9. La poudre de perlimpinpin

«…La France, parce qu'elle a été agressée lâchement, honteusement, violemment, la France sera impitoyable à l'égard des barbares de Daech… A vous tous, je vous promets solennellement que la France mettra tout en œuvre pour détruire l’armée des fanatiques qui ont commis ces crimes, qu’elle agira sans répit pour protéger ses enfants. Je vous promets aussi que la France restera elle-même, telle que les disparus l’avaient aimée et telle qu’ils auraient voulu qu’elle demeure ….»[8]. Après les attentats du Bataclan, François Hollande a fait une tournée des pro-potes dans un taxi pour Tobrouk. Les ennemies des ennemies de mes nouveaux amis sont-ils mes….ex ennemis ou futurs anciens alliés ?Super Moi Résistant’ contre les frères El Bakraoui, Kouachi ; « Le cuisinier secoue les nouilles… je répète, le cuisinier secoue les nouilles…»…”You want to know my name, you want to see my face...hahaha...I'm the devil …”[9]Les discours churchilliens, les pompes en marcel sur le pont du Charles de Gaulle, façon Top Gun, c’est bien, mais il faut être crédible. La guerre, la vraie, nécessite des hommes sur le terrain, une stratégie claire, des alliés sûrs, un ou des ennemis identifiés et des moyens financiers importants. Nous sommes loin du compte. En euros constants, le ministère de la Défense a perdu 20 % de son budget en 25 ans, avec des coupes drastiques dans les effectifs. Les soldats ne font pas grève, ils meurent pour la patrie. Du coté des ‘Forces Françaises de l’Intérieur’, couacs à répétition ; les services de renseignement et de police sont paralysés par la bureaucratie et les querelles intestines. Quant à la coopération policière et judiciaire européenne, elles cherchent et se cherchent. A Molenbeek, Mimi la souris a appelé à la rescousse ses amis, Cyril l’écureuil, Charlie le crocodile, Eddy l’éléphant et Taloula la petite poule…

N’est pas de Gaulle ou Malraux qui veut. Dans son discours des ‘Invalides’, François Hollande a joué le père protecteur en surfant sur l’émotion. Le bouquet final pour mieux hypnotiser les gogos et bobos, 2 chansonnettes, Quand on a que l’amour et Perlimpinpin. Contre les barbares, Brel, Barbara, Barbapapa et la poudre de Perlimpinpin. Le marchand de sable est passé, bonne nuit les petits…Tous les observateurs objectifs sont consternés par le conservatisme, les corporatismes, l’incapacité du pays à se réformer. Dans son 666ème opus, Jacques Attali, Pierre Bellemare de la futurologie et de ‘l’économie positive,’ propose 20 chantiers et « 100 jours pour que la France réussisse » (Fayard, 2016). 100 jours ? Mauvais présage… « Pour que tout reste comme avant, il faut que tout change… » Comment s’en sortir ? Est-il trop tard ? « Un grand peuple défendant une juste cause est invincible » (Napoléon III lors de l’entrée en guerre en 1870).

10. Résoudre les problèmes de fond

1) Remettre l’économie sur le rail  Le mal français est ancien.[10] L’Etat, jockey obèse, se prend pour le cheval…Depuis 2012 tout va de mal en pis nonobstant un contexte macroéconomique plutôt favorable (baisse du prix du pétrole, de l’euro, des taux d’intérêts). Le bilan économique et social du gouvernement est calamiteux. La dette publique atteint 100 % du PIB, le pays, en faillite, fait la manche sur les marchés financiers, obligé d’emprunter 170 milliards d'euros d'obligations à moyen et long termes tous les ans, pour le plus grand bonheur des financiers de Wall Street et de la City. Lorsque le premier poste du budget annuel ne sera plus consacré au remboursement de la dette (50 milliards d’euros par an), lorsque cesseront les gabegies de milliards de dépenses inutiles, on commencera à retrouver des marges de manœuvre permettant de reconstruire et financer une Education nationale, une Recherche, une Justice, une Défense, dignes de ce nom. Le ‘Vivre ensemble’ n’est pas un programme, ne se décrète pas, ne s’instaure pas par la grâce d’une Haute Autorité de Trissotins ou d’un Comité de sages savants. C’est une conséquence. On ne fait pas pousser l’herbe en tirant dessus.

2) Réconcilier les français avec la politique  La cote d’alerte du désenchantement politique absolu est atteinte.[11] La Comédie française se résume à du mauvais Boulevard, une course au pouvoir, aux ministères, aux fromages bios 100% de matière grasse. Les mouches vont changer d’âne. En France, il est quasiment impossible de faire de la politique quand on travaille, quand on n’est pas permanent d’un parti ou d’un syndicat, quand on n’appartient pas à la fonction publique, quand on ne peut pas se mettre en disponibilité, en détachement, quand on doit gagner sa vie. Les extrémistes, sans responsabilité ni comptes à rendre, surfent sur ce tsunami d’hypocrisie, de médiocrité et de misère, en promettant de ‘raser gratis’ quand ils seront au pouvoir. Le public, c’est-à-dire le peuple, dans le poulailler, est las de subventionner une troupe pléthorique de bras cassés, et siffle bruyamment à chaque représentation. Les démocrates éclairés, progressistes, confortablement assis aux premiers rangs, n’aiment pas cette bronca. Le ‘peuple’ qui siffle ce n’est pas le ‘peuple,’ ce sont les ‘populistes’. Le pays et l’économie agonisent, saignés par les impôts et les prélèvements. Les derniers fleurons de l’industrie nationale sont bradés. Les légions d’honneur sont à vendre. On s’approche de la dernière scène du Ve acte. Le fond de l’air effraie. « Le pays usé qui n’attend plus rien à tout souffert » (Chateaubriand).

3) Solde des printemps  Le réveil est particulièrement brutal pour les hommes et les femmes ‘bonne volonté’ ; 130 morts en plein Paris le 13 novembre dernier, 35 à Bruxelles, cela commence à faire beaucoup. Soldes des printemps rive gauche ; on commence à remballer la grande tapisserie de Bayeux du Progrès, des promesses généreuses, pacifistes, tiers-mondistes. Elle était mitée, mais restait décorative. Adieu le temps des cerises, l’accueil de toute la misère du monde, ou alors piano piano, loin des ors de l’Hôtel de ville ; juste quelques milliers de réfugiés, en transit vers l’Angleterre, dans le Nord chez les ‘sans dents’, ou en bordure du bois de Boulogne. Vive le Maroc, vive les maroquins !

Pour les gastronomes et fines gueules du Château, mouvement ‘Occupy Sèvres-Babylone’ avec concert ‘Podemos-Bella Ciao-Quisas Quisas’ et menus remise en forme’, ‘fantaisies-découverte,’ ‘nos vies d’abord’salades d’humanisme à la sauce compassion, boulgour de dignité citoyenne, gratin d’’ordre juste’ [12] , tajine d’indignation morale et durable, avec ses Cosses de haricots rouges. C’est amusant mais pas très nourrissant. Les mutins de Panurge, apparatchiks de l’égalité réelle et factionnaires de la révolte sont désemparés. «J’apprends que le gouvernement estime que le peuple a ‘trahi la confiance du régime’ et ‘devrait travailler dur pour regagner la confiance des autorités.’ Dans ce cas ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre » (Brecht). De toute façon, même en France, cela ne pouvait plus durer. On peut tromper tout le monde une fois, on peut tromper quelqu’un tout le temps, mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps. Sortir du 18ème siècle et ré-enchanter le 18ème arrondissement ne va pas être une partie de plaisir. Retour de Topaz : « Les hommes ne sont pas bon ».

4) Les mots creux et la langue avariée  Au-delà de la démagogie, du clientélisme et de l’attentisme mortifères (« Ne faisons rien c’est plus prudent…»), nous vivons une crise du verbe, du style, de la rhétorique. La langue avariée, les lieux communs, sornettes verbeuses, discours creux gribouillés dans les cabinets par des cacographes incultes, minent durablement la démocratie. De l’actualité d’un essai d’Emmanuel Berl publié en 1957, ‘La France irréelle’ : «… La politique française me semble évoluer moins comme une histoire que comme une névrose. Son trait dominant, à mon estime, c’est l’affaiblissement progressif du sens du réel qu’elle manifeste, depuis quinze ans. Politique schizophrène (…) La détérioration du vocabulaire me paraît, ici, un premier signe clinique. Je regrette qu’on le néglige. Je sais bien qu’il en est de plus douloureux, mais il n’est pas de plus clair, et il me semble que la première tâche des intellectuels, sinon des pouvoirs, serait d’y prendre garde : il leur appartient de veiller au langage. (…) Tout se passe comme si nos orateurs travaillaient à offusquer les mots, et nos comptables, à embrouiller les comptes. Goethe faisait l’éloge de la comptabilité en partie double pour le souci de rigueur qu’elle manifestait. Mais, si notre comptabilité est devenue de plus en plus savante, elle ne cherche plus à révéler, aussi clairement qu’il se peut, les recettes et les dépenses. Elle cherche plutôt à les cacher. L’imposture, ici encore, prend un caractère quasi institutionnel (…). Le niveau baisse.

11. Quelques propositions concrètes pour s’en sortir

1) Pour la France d’en bas (1) Exercice physique: scoutisme et grands ‘Safaris signes de piste’ en Irak et Syrie ; stage oxygénation et remise en forme chez les Commandos de Marine à Lorient.        (2) Epanouissement personnel et intime: dès la 6ème, organisation de rallyes et Boums (sponsorisés par l’université de Cologne et l’université al-Azhar du Caire) ; pour les ados, ateliers ‘Découverte de la femme et du sexe faible’. (3) Formation et réinsertion professionnelle: stages ‘cuisine du monde, gourmande et bio’, animés par Emmanuelle Cosse ; à l’université Pierre et Marie Curie (en partenariat avec l’université Allahou akbar de Racca), doctorat de ‘Physique appliquée et chimie amusante’. (4) Mixité, paix sociale et multiculturalisme: concert de rap de Laouni Mouhid (alias La Fouine) avec thé à la menthe dansant, en l’honneur des demoiselles de la Légion d’honneur, à Choisy-le-roi ; inauguration d’une Villa Médicis des cultures nomades à Bourg-la-Reine ; diffusion d’une édition Poche des Evangiles en langue arabe pour favoriser le dialogue interconfessionnel ; Grand colloque international à la Maison des sciences de l’homme, « La femme, les femmes, les femens et le monde arabo-musulman » avec la participation exceptionnelle de Laurence Rossignol, Recep Erdoğan et Dominique Strauss Khan. (5) Art et Culture pour tous: dans les ludothèques de la grande couronne, distribution gratuite de DVD (Connaissance du monde des Mahuzier, Azur et Aznar, Love story) et d’albums (‘Docteur Justice et les Rats du désert,’ ‘Oui-Oui contre les terroristes,’ ‘Le club des 5 sur la trace des loups, ‘Fantômette enquête sur Ben Laden’) ; à la Bibliothèque nationale de France, colloque interdisciplinaire, « Modernité du crabe aux pinces d’or », ‘Omar Ben Salaade’ et la figure fantasmée du despote oriental; imaginaires croisés’); Au salon du livre jeunesse de Montreuil, reprint de « Hassan jeune berger de l’Atlas » (Hachette 1968), avec nouvelle préface et dédicaces personnalisées de Jack Lang; Concert œcuménique d’Enrico Macias et des petits chanteurs à la croix de bois à Tremblay en France; Sur l’esplanade de la Défense, pour l’ouverture du festival ArtpourtouspourlArt, reconstitution du fortin du père de Foucault et de la smala d'Abd el-Kader, en canettes recyclées de coca zéro (événement sponsorisé par le conseil régional d’Ile de France et la fondation Anish Kapoor).

Elève médiocre et qui régresse dans les classements Pisa (25eme rang), la France se situe au 35eme rang (sur 37) dans l’OCDE, s’agissant des écarts de performances scolaires en fonction du milieu social[13] . «Au royaume des idées, les faits n’ont pas leur place » (Valéry). Non aux classements, non aux mathématiques, non au pessimisme, les derniers seront les premiers, vive le verlan !

2) Pour la France ‘d’en hautLe vrai problème, c’est moins la France ‘d’en bas’, les ‘sans dents’, que la France ‘d’en haut’. C’est toujours par la tête que le poisson pourrit. La France ‘des dents longues’ a perdu tout ancrage dans sa propre histoire et culture ; elle n’a plus le niveau. C’est grave. Le vulgum pecus a pris conscience de la médiocrité de l’élite et des chefs qui naviguent à vue. Il réalise aussi l’imposture d’un système (l’ineffable ‘modèle français’), qui tourne à vide et nourrit surtout les gestionnaires des rouages de la redistribution et de l’égalité fantasmée (35ème sur 37 !). Le ras-le-bol, le mépris du peuple et des contribuables pigeons, pour les apparatchiks qui ‘profitent goulument du système ’[14], est explosif et malsain. Duplicité, faux espoirs, fausses promesses, vrais dégoûts, et vrais moteurs de l’extrémisme, de l’abstentionnisme et des replis individualistes.

Pour gouverner avec un minimum virtu et vista, il faut avoir lu, étudié, il faut savoir d’où l’on vient. Nos dirigeants, nains hissés sur des épaules de nains, n’ont plus de repères. Les ‘territoires perdus de la Nation’, ce sont bien sûr certaines banlieues à la dérive, mais aussi les territoires de la Pensée et de la Culture. Ceci explique en partie cela. Nous payons au prix fort au moins deux générations de renoncement culturel, de pédagogisme frelaté, d’égalitarisme démagogique. Non à la sélection, non à l’effort, non au travail, non au latin, non au subjonctif, non aux classes bi langues, non à l’excellence, non à l’agrégation, allégeons, simplifions, coupons tout ce qui dépasse, chacun ses ognons, vive l’élite pour tous !

Les Humanités, la culture générale, l’histoire, ont été remplacées par les pixels et une morale gonflée à l’hélium de la compassion et des bons sentiments. Partout des petites et ‘grandes écoles’ d’acculturation où règnent discours creux, programmes en carton-pâte, du ‘prêt-à-penser,’ un fantasme helvétique de commerce universel et paix perpétuelle (à moins que ce ne soit l’inverse), sauce UNESCO, ERASMUS, avec oscars de la bien-pensance. Il est grand temps de mettre le holà aux ‘innovations enseignantes‘, constructions de châteaux forts en pot de yaourts biodégradables avec pont levis électrique, et traductions de la Chanson de Roland (Magdane) en espéranto ou en occitan. Il est grand temps que la nomenklatura républicaine reprenne sérieusement les études, se replonge dans ‘Malet et Isaac’, l’histoire de France, de l’Europe, du Monde, dans Goethe, Dante, Shakespeare Cervantès et Racine. Lagarde meurt et Michard ne se vend pas.

Audrey Azoulay, nouveau ministre de la Culture, nous a déjà fait ses confidences. Ce n’est pas très rassurant. Ambiance ; elle adore les polars et allait tous les samedis à la bibliothèque. «Il y avait une culture du livre chez moi….Je lisais tout, Fantômette et des classiques. Je me rappelle avoir lu Flaubert, ‘Salammbô’ précisément, sans comprendre, à 12 ans. J'ai lu en pleurant ‘Les Quatre Filles du docteur March’». «Milieu très à gauche» et jardins d’Hamilcar pour la fille d'André Azoulay, conseillé du roi du Maroc, Hassan II puis Mohammed VI, et de la romancière Katia Brami. Ça nous fait plaisir Audrey !

« Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu » ? Happy end ? A la fin du film de Philippe de Chauveron, tout le monde danse la zumba dans une joyeuse ambiance de tolérance et fraternité.

« Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts » (Paul Reynaud, 1939).
   
[1] Voir Marginalia no 20, ‘Esprit du 11 janvier es-tu là ?’
[2] Nous avons failli ‘être Thalys’ cet été, échappant miraculeusement à un carnage à 300 km /h, grâce au sang-froid de deux soldats américains en vacances.
[3] Dans les sources arabes, la  bataille « du Pavé des Martyrs ».
[4] Pour remplacer Diesel, le berger allemand du RAID abattu lors de l’assaut de Saint Denis le 18 novembre dernier.
[5] ‘L’équipée sauvage’,1953.
[6] « Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateurs ».
[7] Lavisse, Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, 1878/1887.
[8] François Hollande, discours du 27 novembre 2017, aux Invalides.
[9] « Papy fait de la résistance », Jean-Marie Poiré, 1983.
[10] Voir Marginalia no 14,15, 16 ‘Le modèle français’.
[11]1 Pour 82 % des sondés les hommes et femmes politiques ‘agissent principalement dans leur intérêt personnel’, et 62 % considèrent que ‘la plupart d'entre eux sont corrompus’’ (Enquête Ipsos « France 2013).
[12] Formule de Ségolène Royal.
[13] Rapport UNICEF du 14 avril 2016.
[14] L’expression est de Claude Bartolone à propos de Dominique Voynet, parachutée au Conseil Economique
Social et Ecologique en avril 2014.





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