La Revue Squire

Jennifer Juvénal, une avocate engagée dans le devoir de mémoire


Rédigé par Hammonds Hausmann le 20 Mars 2009


C’est en 2004 que Jennifer Juvénal a commencé sa carrière chez Landwell avant de rejoindre Hammonds Hausmann en octobre dernier au côté de Benoît Le Bars, associé du département Corporate Strategy & Finance, avec qui elle travaille depuis trois ans. Tous deux forment une équipe soudée et efficace (« nous avons le même mode de fonctionnement » dit Jennifer) et entendent développer au sein d’Hammonds une ligne de service en droit de l’OHADA et particulièrement en arbitrage et droit des sociétés. Ils préparent un ouvrage sur les sociétés commerciales et l’arbitrage en droit OHADA, à paraître pour la rentrée 2009.

Originaire d’Aix-en–Provence où elle a fait ses études, Jennifer a rejoint Paris, déterminée à mener une carrière à l’international et, autant que possible, liée aux échanges avec l’Italie. Au sein d’Hammonds Hausmann elle devient la correspondante privilégiée de notre partenaire italien Rossotto & Patrners. D’origine italienne par ses deux grands-mères, Jennifer parle couramment l’italien, langue dont elle est tombée amoureuse, en grande partie grâce à la passion communicative de son professeur (qui se trouve être la mère de la pianiste Hélène Grimaud).

Il y a dans la vie de Jennifer quelques personnages importants, le premier d’entre eux étant son grand-père, le bâtonnier Max Juvénal .

S’il a marqué la vie du barreau d’Aix-en-Provence (il en a été deux fois bâtonnier et avocat de renom pendant cinquante ans), Max Juvénal a aussi, et surtout, joué un grand rôle pendant la seconde guerre mondiale comme chef régional du Mouvements Unis de Résistance (M.U.R, groupement fondé par Jean Moulin). Signataire, au nom de ce mouvement, des accords de Saretto avec les chefs de la résistance italienne (Duccio Galimberti et Luigi Ventre) en mai 1944, cet homme, encore jeune avocat, a posé sa robe, laissé sa femme et sa famille pour lutter dans la clandestinité, pour la défense de la liberté.

Jennifer explique qu’elle a réellement découvert son grand-père à travers ce qu’elle a pu lire et entendre sur sa vie et qu’elle se « retrouve dans son état d’esprit et ses valeurs ». Jennifer a prêté serment en mai 2008 à la Cour d’appel d’Aix-en-Provence, 79 ans presque jour pour jour après son grand-père. Il ne s’agit pas d’un hasard.

Depuis l’âge de 19 ans, Jennifer s’est engagée dans le devoir de mémoire et œuvre en tant que membre des amis de la Résistance ANACR (Association nationale des anciens combattants). Association au sein de laquelle elle a rencontré M. Aimé Ardevol et M. Jean-Marie Juès, deux anciens résistants et ardents émissaires des efforts menés pour la résistance du maquis de Saint-Antonin.

Récemment, Jennifer a déposé une demande pour qu’une plaque à la mémoire de la mère de Monsieur Aimé Ardevol soit apposée sur la façade de l’actuel conservatoire de musique d’Aix en Provence. Cette femme, mère d’une famille nombreuse, a abrité, logé et nourrit pendant la guerre tout un réseau de résistants en plein cœur de la ville. Ses caves servaient d’entrepôts d’armes et de lieux d’entraînement pour les plus jeunes. Dénoncée puis arrêtée avec son jeune fils Aimé, cette femme n’a jamais parlé. Il était donc important de rappeler son courage et son dévouement aux jeunes générations.

Aujourd’hui ce sont donc les valeurs défendues par son grand-père que Jennifer entend perpétuer à travers non seulement son métier d’avocate, qu’elle exerce avec ferveur et conviction, mais également comme témoin des engagements et combats de Max Juvénal comme de ses compagnons d’armes.

Elle entend poursuivre le projet d’écriture que son grand-père, mort d’un cancer foudroyant, n’a pas eu le temps d’entreprendre pour « transmettre la mémoire et les valeurs de la Résistance ».

Nul doute qu’elle répond ainsi à l’un des souhaits les plus chers de son grand-père, Max Juvénal « Nous voudrions que les jeunes de chez nous, ceux des pays d’Europe, comprennent le sens de notre lutte […] Alors les jeunes, instruits de notre expérience, forts de leur nombre, auront conscience de l’œuvre ébauchée par nous, du patrimoine conservé pour eux. Très vite, ils prendront leurs responsabilités et dépassant le présent, ils iront vers l’avenir. Quant à nous, sachant qu’ils sont les continuateurs de notre personnalité, de notre pensée, nous serons plus proches d’eux ; dans l’ardeur de leurs gestes, dans la clarté de leurs regards, nous retrouverons les folles illusions de notre jeune temps, les chimères de nos vingt ans, notre bel idéal qui ne saurait vieillir, car il est de tous les âges, de toutes les générations, de tous les pays ».

Jennifer mène des travaux de recherche tant en France qu’en Italie, rencontre des témoins et acteurs de la Résistance. Ce projet, qui demande du temps, est parfois difficile à concilier avec une vie professionnelle très prenante. Mais pour le mener à bien « Il faut avoir accumulé beaucoup d’émotion », dit-elle simplement.





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