La Revue Squire

Edito de Belém


Rédigé par Christian Hausmann le 17 Février 2009


Antoine m’a brûlé la politesse en plaçant son éditorial rédigé à Davos (39ème édition de ce critérium des neiges suisses) avant que je n’ai pu réagir alter mondialement en raison du décalage horaire avec Belem. J’avais le choix entre un grand blanc avec une bulle, genre Angoulême, avec un doigt pointé sur les lèvres (pssst) et une réaction musclée.

Il faut dire que le silence était tentant devant la cacophonie ambiante, chacun y va de sa chanson pour expliquer la récession et ce qu’il aurait fallu faire pour l’éviter, mais aussi comment en sortir vite (on distribue de l’argent qui n’existe pas, on supprime des impôts (TP, 1ère tranche) on renfloue à tire larigot (banques, compagnies d’assurances, DOM/TOM, constructeurs automobiles…), du bel argent pour tout ceux qui crient fort. Où passent nos impôts ? Avez-vous vu l’émission de M6 « Capital » sur le train des sénateurs ? Edifiant en ce pays qui pratique l’anomie. Voilà des privilégiés (nous en parlions le mois dernier) qui se meuvent dans un mode opaque. « Nous sommes à un nœud de l’histoire », paroles apophtegmes proférées récemment par un « grand » patron, qui se reconnaîtra s’il lit nos chroniques, ce que nous l’encourageons fort à faire.


L’actualité judiciaire est ballonnée (zizanie chez Astérix, rien ne va plus chez les Uderzo ; le retour des Tiberi en correctionnel -16ème chambre- cela vaut le déplacement pour les fariboles de l’épouse de l’ancien maire ; Jérôme Kerviel crâneur, qui s’amuse avec ses juges en attendant Madoff ; le procès de l’Ile de la tentation devant le Conseil des prud’hommes de Boulogne-Billancourt ou « qui ne tente rien n’a rien », cela s’appelle des congés payés avec indemnités de licenciement, dommages et intérêts et les indemnités ASSEDIC à l’appui, s’agissant d’intermittents du spectacle). La récession donne certes des ailes à ceux qui n’hésitent pas à réclamer toujours plus, surtout l’indu, par les courroies d’une justice parfois complaisante et où le chômage n’est pas de mise, sauf pour les juges d’instruction, dont la reconversion est assurée.

Que dire des mésaventures survenues à des clients du cabinet ? Une première affaire prud’homale revient en appel devant une Cour de la région parisienne. Deux chambres de cette même Cour périphérique ayant à se prononcer sur deux lettres de licenciement identiques et sur des faits également identiques, l’une reconnaît la validité du licenciement, alors que l’autre chambre sur le même pallier et de surcroît le même jour, condamne l’employeur pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Comment expliquer cela à votre client étranger ?

Restons devant les prud’hommes. Sur appel, une autre Cour d’appel admet le licenciement pour faute grave du salarié, un cadre dirigeant, tout en condamnant l’employeur à un article 700 gratiné. Comment expliquez-vous ça à votre client allemand ?

Revenons aux affaires qui défraient la chronique judiciaire en retenant le procès fait au dessinateur Siné accusé d’incitation à la haine raciale. On savait qu’il était provocateur, antigaulliste dans les années 60, antimilitariste et hostile à la guerre d’Algérie (on parlait alors de pacification) et non-conformiste, on ne le savait pas raciste. Fallait-il attendre le quatre vingtième anniversaire de notre dessinateur national pour l’accuser de racisme ? Il a été, je crois relaxé, ce qui est justice. Voyez vous-même en feuilletant l’opuscule « dessins politiques » publié chez Jean-Jacques Pauvert en 1965.
A l’opposé l’affaire Banania. Saviez-vous que les boîtes en fer blanc lithographiées reproduisant une tête de tirailleur sénégalais hilare associé avec une bulle « y’a bon », traduisait un message primairement raciste qui ne saurait subsister. Voilà un signe de l’évolution des mœurs. Au début du siècle dernier des milliers d’enfants français buvaient du cacao Banania sans savoir qu’ils étaient complices d’une violation des droits de l’homme et remplis de préjudices.

Allez dans votre cuisine et admirez ces sympathiques boîtes de collection, certaines ayant une bonne côte marchande, prenez-les et jetez-les sans remord et sans retard à la poubelle idoine, mais laquelle ? La verte, la jaune ou la blanche ? Faites le bon choix si vous ne voulez pas être conduit au poste. Si vous n’obtempérez pas, ces charmantes boîtes vous seront non seulement confisquées, mais vous aurez le privilège d’acquitter aussi une amende civile.

Je ne parlerai pas de la suppression du juge d’instruction au profit du juge de l’instruction, tout a été dit ou presque par d’éminents spécialistes, de l’ancien garde des Sceaux et président du Conseil constitutionnel à nos confrères Repiquet et Soulez Larivière, Antoine en parle aussi dans son édito.
J’aimerai vous entretenir de la réforme de la procédure pénale, mais je n’y connais pas grand-chose, pas plus que sur le travail du juge d’instruction au-delà des téléfilms et séries que je regarde parfois d’un oeil distrait en lampant ma soupe les soirs de semaine quand je rentre tard.

Vous ne me ferez pas dire, même sous la torture, que le prochain locataire de la Place Vendôme sera un confrère écologique en parqua rouge et cache-nez de couleur (attention à la ligne jaune)
Ce qu’il faut retenir de l’actualité du mois de janvier ? Le décès du créateur/inventeur des Playmobil, Hans Beck, à 79 ans. Il avait commencé comme ébéniste et finit milliardaire. L’idée des Playmobil lui est venue en 1971 et ce sont les enfants qui ont fait son succès, on s’en doutait. Un autre grand homme est parti récemment, John Updike, à qui nous rendons hommage. Le matelassier Vuitton ouvre son 27ème magasin en Chine. Il doit être obsédé le soussigné, vous dites-vous, par le luxe et les maisons du carré d’or pour nous parler une fois de Hermes (voire une précédente édition de La Revue.) et maintenant du bagagiste Louis Vuitton. Détrempez-vous en cette saison de changement climatique et de soldes. Les dinosaures de la province de Shandong en compétition avec la momie de 6000 ans BC, qui vient d’être exhumée dans la Vallée du Nil en parfait état. Vive l’immortalité ! Cela me rappelle la pièce de monnaie que me proposait d’acheter un jeune marchand égyptien lors d’une escale sur le Nil, une pièce fort ancienne, dont il me faisait remarquer qu’elle datait de 92 ans avant JC, la preuve était gravée sur la pièce « 92 BC »! Le pape réhabilite, en attendant sa béatification, Monseigneur Richard Williamson, négationniste parmi les révisionnistes. Pour ou contre ? « Désirs d’avenir », le film produit par Pierre Berger et Ségolène Royal !

En ce début de 2009, comme chaque année, le Service des parcs et jardins de la ville de Paris a rappelé aux parisiens qu’ils pouvaient/ devaient rapporter leur sapin usagé dans des emplacements spécialement réservés à cet effet à l’intérieur desdits parcs, sauf qu’en ce début de janvier les parcs étaient fermés pour cause d’enneigement. C’est comme si on fermait Central Park dés qu’il tombe quelques flocons.

J’aurai mieux fait de me taire, car en fait, je n’avais pas grand chose à dire. Antoine avait raison de prendre les devants. Les affaires du cabinet se portent honorablement bien, ce qui est en soi une bonne nouvelle. Nous venons de recruter deux avocats seniors au sein de notre département corporate.

Un livre : «Small word » de martin Suter, pour ceux qui ne l’ont encore dégusté (Points 703), un régal. L’humour sarcastique d’un suisse alémanique vous apparaîtra alors comme une météorite.

Chers lecteurs mailez-nous vos articles, témoignages, droits de réponse….. (bravo Yves) et nous les publierons.

Je vous retrouverai au mois de mars dans La Revue.





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