La Revue Squire

Commémoration


Rédigé par Christian HAUSMANN le 15 Juin 2009


Commémoration
C’est l’année de toutes les commémorations ! Sollicités à l’excès par les anniversaires du débarquement, du 200ème anniversaire de la naissance de Darwin et du baron Haussmann (voir éditorial de mars 2009), des 120 ans de la Tour Eiffel, des 75 ans de Donald, un jeune vieillard aux plumes toujours blanches et frétillantes et à la veste de marin, de la naissance simultanée de la République fédérale d’Allemagne et de la République populaire de Chine en 1949, il y a soixante ans, de la « pacification » en 1989 de la place (porte de la Paix Céleste ou Tien An Men), du déménagement de la capitale rhénane au charme provincial cher à Adenauer à Berlin en 1999 et j’en passe. Nous faisons un choix arbitraire, ne pouvant tous les retenir. Parlons donc de l’Allemagne, sans rivaliser avec Madame de Staël, qui y séjourna en 1803 et publia son ouvrage De l’Allemagne en Angleterre après qu’il eu été interdit sur ordre de Napoléon en 1810. Rien à voir avec La Princesse de Clèves, roman célèbre paru anonymement en 1678 et dont l’auteur, Madame de Lafayette, n’avait aucun lien de famille avec le futur général pourfendeur d’Anglais aux Amériques.

Quel est le lien entre La Princesse de Clèves, la Turquie et mai 68 ? Je vous laisse deviner.

Le désamour de ce roman du XVIIe n’est pas universel. D’aucuns, je pense à Jean Cocteau, l’appréciaient. Dans une préface de 1956, ce dernier écrivait : « le génie de Madame de Lafayette se présente à son siècle et au nôtre, orné des attributs scandaleux de l’intelligence. »

Il n’est pas interdit de réserver les commémorations à des anniversaires qui ne correspondent à aucune dizaine ni aucune quinte - je ne vous permets pas de tousser - à l’instar d’un de nos clients du Sud-Est asiatique, qui se reconnaîtra en lisant cet éditorial, s’il le lit, qui avait choisi de commémorer dignement et avec faste le 88ème anniversaire de sa création. C’est ainsi que Hammonds Hausmann fête joyeusement en ce début d’été le 14ème anniversaire de sa création et le numéro 148 de La Revue. Nous serons le mois prochain dans notre quinzième année, âge pubère où l’on troque sa culotte courte (ou Lederhose) pour un jeans délavé à pattes d’éléphant. Notre comité des fêtes qui se réunira prochainement dans les jardins de Bagatelle lancera un appel aux dons pour lever les fonds nécessaires en cette période de vaches maigres pour financer merguez de bœuf, frites, roquefort, bière et pour les fins gosiers du vrai rosé non centriste, éléments indispensables à la célébration de notre double septennat.


Nous ne parviendrons pas à rivaliser avec Johnny au Stade de France, fêtant avec faste ses 50 ans de scène et le 11ème anniversaire de son dernier concert dans ce même stade. J’ai aimé les duos avec David et Sylvie Vartan, il y avait de la nostalgie, un petit goût de Salut les copains, pas désagréable, on s’attendait à voir Eddy Mitchell, Sheila, Claude François, Françoise Hardy, Dick Rivers et les autres, mais contrairement à la Mathilde, ils ne sont pas revenus.

La culture populaire ne se célèbre pas qu’au Stade de France ou à l’Olympia, nouveau haut lieu des assemblées générales des entreprises du CAC 40, vous pouvez également la fêter dans les musées. En novembre 2006, je vous parlais de l’ouverture du musée d’art moderne de Vitry sur Seine, un lieu où les enfants sont en contact direct avec l’art contemporain, où tout est proactif, voire tactile, où l’intervention du public dans l’œuvre est sollicitée. Ce sont souvent des œuvres précaires, pas question de durer pendant des siècles, barricadées derrière une armature en verre comme la Joconde. Si vous avez aimé le Musée d’art moderne de Vitry (il n’est trop tard pour y aller en métro), profitez de votre passage estival en Midi-Pyrénées pour visiter en bordure de Garonne les Abattoirs à Toulouse. Comme la piscine art déco de Roubaix, qui a été transformée en musée, les anciens abattoirs de Toulouse sont devenus un lieu magique où l’art contemporain est installé à demeure. La collection permanente, qui n’a rien à envier à celle du Centre Pompidou, provient de la donation d’un galeriste établi à New York, âgé de près de 90 ans, Daniel Cordier. Pendant l’occupation, il a été le secrétaire particulier de Jean Moulin. Il a produit une magistrale biographie du célèbre résistant décédé en 1943 lors de son transfert en Allemagne et dont on commémore le 110ème anniversaire de la naissance le 20 juin prochain, ce qui nous ramène au débarquement.

Comme à Vitry, les œuvres exposées aux Abattoirs vous invitent à les toucher, à les pénétrer, à les sentir, à les caresser... J’ai retenu une sculpture à même le sol, composée de centaines de tomates fraîches et dont le destin n’est pas de rester dans la collection permanente du musée, mais de finir en sauce. Et si l’art n’était qu’éphémère ou salsa ?

En se promenant le long des berges de la Garonne et dans les quartiers avoisinants, on est sollicité par des œuvres graffitiques sur les murs et façades, qui n’ont pas non plus vocation à l’éternité, mais plus que les tomates. Toulouse, capitale des graphes.

C’est le pari de la libération de l’art qui a été adopté par les organisateurs de l’exposition du Grand Palais, la Force de l’art 02, qui vient de fermer ses portes, art éphémère qui invite les visiteurs à intervenir. L’intervention quelle qu’elle soit est iconoclaste dans la muséographie classique où, tout au contraire, on dresse entre les visiteurs et les œuvres des barrières, voire des fils électriques ou champs magnétiques qui déclenchent des alarmes en cas d’intrusion dans l’espace sécurisé. Il y a donc l’art tel qu’il est exposé au centre de Paris, dans les beaux quartiers proches des quais de la Seine, et l’art contemporain, plutôt excentrique et excentré. Une visite dans le 19ème arrondissement, au 104 de la rue Aubervilliers, ne m’a toutefois pas convaincu. Mais c’est peut-être trop tôt pour un jugement définitif sur ce nouvel espace de création contemporaine.

Revenons à l’Allemagne. C’est effectivement le 23 mai 1949 qu’a été adopté la constitution de la nouvelle Allemagne fédérale et cette fois-ci démocratique. Après la victoire d’Angela Merkel aux élections européennes, les Allemands se passionnent à nouveau pour l’avenir d’Opel, la fusion entre Porsche et VW et celle possible entre le groupe Schäffler et Continental. L’industrie automobile reste le nerf de la guerre chez nos voisins d’outre-Rhin, plus encore qu’en France. Si l’industrie vous intéresse peu, les révélations concernant d’anciens espions de la Stasi établis à l’Ouest vous captiveront peut-être. En ce moment l’affaire Kurras, du nom de ce policier qui occupait une position clé à Berlin-Ouest, mais qui était à la solde du régime communiste de la RDA, ne laisse pas les Allemands indifférents. Nos bureaux de Berlin et Munich attendent votre visite.

Par la commémoration, la Chine est aussi présente dans cet éditorial. J’en profite pour vous signaler un ouvrage déjà ancien « Voyage en Chine » de Peter Schmid, journaliste-reporter de l’après-guerre, publié par Horizons de France – Collection Visages de France – en 1957. Peter Schmid a rassemblé ses impressions d’un long voyage qu’il a effectué dans l’Empire du milieu de Chu en Lai au milieu des années cinquante, une Chine certes pacifiée, mais déjà transformée après une petite dizaine d’années sous la dictature de Mao. Cet ouvrage illustré d’une centaine de photographies mérite d’être redécouvert, notamment par comparaison avec la Chine de Hu Jintao de 2009. Evidemment, c’était avant le début de la Révolution culturelle et bien avant les événements de Tien An Men. Vous pouvez vous procurer ce livre, par exemple sur Chapitre.com ou Amazon entre 20 et 30 euros, je viens de vérifier sa disponibilité.

En ce moment vous pouvez déguster six siècles de peinture chinoise au Musée Cernuschi, 7 avenue Velasquez. Après la visite venez prendre un café chez nous au numéro 4 de la même rue.
Pour les amateurs de trust tricolore, je vous recommande la lecture du numéro de mai 2009 du Journal des Sociétés (www.jss.fr), qui publie un dossier sur la fiducie. Vous y trouverez deux articles de notre associé Benoît Le Bars, « La fiducie dans les opérations sociétaires » et « l’avocat fiduciaire, naissance d’une nouvelle spécialité », un autre de Nicolas Bauch-Labesse « Quelles applications pratiques pour la fiducie-sûreté » à côté d’un éditorial de votre serviteur « La fiducie sera-t-elle notre bouée de sauvetage ? », des propos introductifs des professeurs Reigné et Jean-Jacques Ansault « La fiducie, sûreté ressuscitée ». N’hésitez pas à consulter Benoît Le Bars et Nicolas Bauch-Labesse, tous deux avocats de Hammonds Hausmann, pour toute question se rapportant à la fiducie ou son application.

On ne peut s’empêcher d’avoir une pensée émue pour les usagers des transports en commun londoniens qui galèrent ces jours-ci en raison des grèves de l’Underground. Les Franciliens ne sont pas mieux nantis, mais ils savent maintenant que ça peut aussi arriver aux autres.






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