La Revue Squire

« 18 JUIN : DU BON USAGE DE LA DEROUTE»
(L’honneur selon Charles, Raymond, Liliane et Eric)


Rédigé par Antoine ADELINE le 22 Juin 2010


18 JUIN 2010

La France a célébré le 70ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 par une déroute sportive (défaite 0-2 contre le Mexique) et une bouffonnerie de vestiaire tournant au scandale médiatico-politique. De pitoyables insultes proférées par Nicolas Anelka contre l’entraîneur Raymond Domenech ont été astucieusement relayées par un quotidien sportif en mal de tirage (de maillots).

Le rugbyman Sébastien Chabal y est allé de sa leçon de civisme et de lyrisme : «Un maillot, c'est bien plus que des couleurs. Un maillot, c'est une histoire. C'est aussi des hommes et des femmes qui œuvrent dans l'ombre, sans aucun espoir de reconnaissance. C'est encore des supporteurs qui payent cher pour pouvoir nous encourager (...), c'est enfin ces enfants qui ont les yeux qui pétillent quand ils voient leurs idoles être performants ensemble, en équipe». Belle âme, le colosse aux multiples sponsors cultive les images en tous genres et surtout la sienne. Vieille rivalité entre le ballon ovale et le ballon rond ? Sport de voyous v sport de gentlemen ? Sports d’argent. La déculottée sportive aura eu le mérite de faire tomber quelques masques (A-fric-hein ).

Nous sommes submergés par les mea culpa, repentirs, faux scoops et pseudos grands déballages. A venir, les rapports d’audits sur les raisons d’une débâcle, les petites démissions (sportives) et les gros calculs (politiques). Exit les bons vieux clichés sur le football qui rapproche les peuples, tragédie grecque des temps modernes -version Séville 1982 ou Berlin 2006-, la glorieuse incertitude du sport, les mains de Dieu ou du diable, les méchants tricheurs et les bons magiciens qui font rêver la jeunesses des ghettos. Cette mythologie est en train de passer à la… Trappes, avec Anelka et un désenchantement général.

« PANEM ET CIRCENSES » v « MENS SANA IN CORPORE SANO »

Il y a quelque chose de pourri au royaume du sport professionnel contemporain. Le carrosse du courage, de la loyauté et de l’honneur n’est le plus souvent qu’une citrouille de plans communication, de gros sous, de cynisme, de sponsors et journalistes sans scrupules. Je ne parle même pas du dopage. Par quel miracle ou quelle omerta le football n’est pas touché? Patience encore 15 jours avant le début du Tour de France !

Le football est un miroir qui renvoie l’image du vide sidéral de nos sociétés modernes, mondialisées, voyeuses et exhibitionnistes, qui se… shootent au spectacle permanent et totalitaire. On adore et on dévore des footballeurs marionnettes pipo(les) et leurs frasques extra sportives. Les footballeurs tricolores sont à court de souffle et la nation à court de repères, valeurs et modèles. Elle mime une communion collective factice, joue son unité aux tirs aux buts tous les 4 ans, et s’illusionne sur la fausse monnaie de slogans démagogiques, vendeurs et trompeurs (« Do it again », «Impossible is possible», « Black Blanc Beur », « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts » etc).

Le baron de Coubertin prétendait que l’important c’est de participer. Parfois il vaudrait mieux s’abstenir. Quittons l’Arena pour l’Agora. Participer à quoi ? Avec qui ? Vers quoi ? Il n’y a pas que le niveau du je(u) qui baisse. Au delà de l’important, il y a l’essentiel. L’essentiel c’est entre autre d’ouvrir les yeux et l’horizon des jeunes générations. L’essentiel c’est de tenter de limiter l’hypnose des écrans et l’opium des images. L’essentiel c’est de libérer le temps de cerveaux libres. L’essentiel passe par l’écrit, les livres et l’étude.

DEUX SCOOPS

1 - La vérité sur la discorde qui a miné le mondial des bleus : « La Revue » a enquêté pour vous

Durant le stage de préparation à Tignes, Ribéry a volé un paquet de bonbons Haribos à Malouda tout en accusant Gourcuff car ce dernier ne lui a jamais rendu un album de « Placid et Muzo ». Henry, cadre responsable, a pris les choses en main (forcément) et a proposé un duel de playstation, entre hommes. Ribéry a gagné et Anelka a traité Gourcuff de « gonzesse ». Mais la goutte qui a fait déborder la vase c’est quand Cissé a refusé d’échanger avec Diarra sa Rolex contre une énorme gourmette en or au motif qu’ Abidal avait manqué de respect à une cousine par alliance de la belle sœur de Diaby dans un night club des Champs Elysée. La coupe, (hélas pas la bonne) était pleine. Domenech pourtant formé à la « PNL » n’a pas su mettre fin à la zizanie. La partie devenait d’autant plus injouable que les sud africains, déjà dopés par les vuvuzelas, ont honteusement profité des fuites d’un corbeau qui a la vendu la mèche de la discorde tricolore (contre le rachat à vil prix de la 3ème Ferrari de Malouda). Un vrai gâchis. Heureusement l’avenir se prépare.

2 - En exclusivité , la future première déclaration du nouvel entraineur Laurent Blanc, rédigée le 18 juin, au soir de la défaite contre le Mexique

«A tous les supporters et footballeurs. La France a perdu des matches ! Mais la France n’a pas encore perdu l’Euro 2012 ! Des dirigeants, un entraineur et des joueurs de rencontre ont pu capituler, cédant à la panique, oubliant l’honneur, livrant l’équipe à la servitude. Cependant, rien n’est perdu ! Rien n’est perdu, parce que cette coupe du monde est une coupe mondiale. Dans l’univers libre, des équipes immenses n’ont pas encore donné. Un jour ces équipes écraseront l’ennemi. Il faut que la France, ce jour-la, soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. Tel est mon but, mon seul but (marqué contre le Paraguay en 1998) ! Voila pourquoi je convie tous les Français, où qu’ils se trouvent, à s’unir à moi dans l’action, dans le sacrifice et dans l’espérance. Notre fédération est en péril de mort. Luttons tous pour la sauver ! Vive l’équipe de France ! »

18 JUIN 1940 : APRES LA DEROUTE, SAUVER L’HONNEUR ET PREPARER L’ AVENIR

Le 16 juin 1940 à la suite de la démission du Président du Conseil Paul Reynaud, le général de Gaulle décide de partir pour Londres. Arrivé le 17, il y rédige le texte de l'Appel [1] qu'il prononce le 18 juin 1940 vers 20 heures, sur les ondes de la B.B.C. Contrairement aux appels qui ont suivis, comme celui du 22 juin 1940, il n'y a pas eu d'enregistrement audio ou cinéma de l'appel du 18 juin.

Cet appel ne doit pas être confondu avec l’affiche « A tous les français », placardée à partir du 3 aout 1940, et dont il existe 3 tirages différents. «A tous les français. La France a perdu une bataille ! Mais la France n’a pas perdu la guerre ! Des gouvernants de rencontre ont pu capituler, cédant à la panique, oubliant l’honneur, livrant le pays à la servitude. Cependant, rien n’est perdu ! Rien n’est perdu, parce que cette guerre est une guerre mondiale. Dans l’univers libre, des forces immenses n’ont pas encore donné. Un jour ces forces écraseront l’ennemi. Il faut que la France, ce jour-la, soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. Tel est mon but, mon seul but ! Voila pourquoi je convie tous les Français, où qu’ils se trouvent, à s’unir à moi dans l’action, dans le sacrifice et dans l’espérance. Notre patrie est en peril de mort. Luttons tous pour la sauver ! Vive la France ! »

Clin d’œil de l’histoire. Le 18 juin dernier le général Bigeard, centurion baroudeur des rizières et des djebels, « con glorieux » et officier le plus décoré de France s’est éteint. Il a souhaité que ses cendres soient dispersées au dessus de Diên Biên Phu . Le 29 juin à Rome, une plaque célébrant Vercingétorix sera dévoilée sur les lieux du martyre du vaincu d’Alésia, la prison Mamertme . Du bonne usage des défaites.

ACTUALITE JURIDIQUE ET JUDICIAIRE

Affaire Bettencourt - bientôt un volume spécial de l’encyclopédie Dalloz permettant de réviser l’intégralité du cursus de droit (et du tordu) de l’incapacité au Master II : Donations, tutelle, abus de faiblesse (et faiblesse de l’abus de… légions d’honneurs), atteinte à la vie privée, écoutes illicites, dénonciations calomnieuses, fraude fiscale etc. Grâce au époux Woerth, des feuillets de mise à jour se préparent; d’une part pour le droit du travail, avec le concept de démission sans cause réelle et sérieuse de Madame W de la société Clymène (cette dernière gérant la fortune de Liliane B de main de Maistre d’hôtel), et d’autre part avec une nouvelle spécialité juridique très en vogue, à la confluence du droit constitutionnel et pénal, la défense de l’honneur des ministres (en l’occurrence celui de Monsieur W). Le 21 juillet 2009 Patrice de Maistre homme de confiance de Liliane B (décoré de la légion d’honneur par Eric W en personne à Bercy le 23 janvier 2008) , explique au téléphone, à sa « très chère » cliente: « Le conseiller juridique à l’Elysée (Patrick Ouart) que je vois régulièrement pour vous, m’a dit que le procureur allait annoncer le 3 septembre que la demande de votre fille était irrecevable, et donc classer l’affaire » Sarkvisky? Montesquieu, théoricien de la séparation des pouvoirs, est mort il y a 255 ans. Nul n’est prophète en son pays. Sur le mode comédie italienne grinçante : « L’argent de la vieille » (« Lo scopone scientifico »), un chef d’œuvre de Luigi Comencini de 1972.

Droit boursier et scandale de la Société Générale : la guerre de Bouton contre Kerviel, « génie malfaisant » : L’ancien patron de la « S G » avait pourtant donné des instructions claires : ne recruter que des génies bienfaisants ! Le pauvre trader aurait déclaré pour sa défense «Si j’avais su, j’aurais pas venu ».

Santé des finances publiques - on cigare un peu : duel fumant dans les vestiaires du secrétariat d’Etat au développement de la région capitale, entre Christian Blanc et son ancien chef de cabinet, à propos de 12 000 euros de cigares (des Partagas D4) partis en fumée. Bill Clinton pourrait être entendu comme témoin à décharge.

Réforme des retraites et développement du déficit durable : Le débat fait rage. Qui doit payer ? Combien ? Quand ? Heureusement le 1er président de la cour des comptes Didier Migaud a pris toute la mesure du problème : « La situation des finances publiques s’aggrave… ll faut être conscient de la réalité de la situation et que celle-ci fasse l’objet d'un constat partagé… La cour des compte inventorie des pistes dans son rapport… il est essentiel de prendre des mesures plus proportionnées au problème… » Courage, l’argent revient. Liliane Bettencourt, une « excellente contribuable » Clymène bien sa barque, mais a bêtement oublié de déclarer quelques îles et comptes bancaires tropicaux sur sa « 2042 » pourrait recevoir un carton jaune doré du fisc. Christine Boutin et nos footballeurs ont renoncé, à l’insu de leurs pleins grés, à leurs primes de match. Enfin, Rama Yade, sportive spartiate, a pris l’engagement lors de ses déplacements de descendre dans les hôtels « Formule 1 ».

ACTUALITE DU CABINET: SAINT THOMAS AVENUE VELASQUEZ

Pendant que les députés planchent sur une proposition de loi relative à la procédure participative de négociation, la médiation et l’arbitrage ont encore été à l’honneur ce printemps au cabinet Hammonds Hausmann; interventions et communications de Christian Hausmann et de votre serviteur à Biarritz, Bourg la Reine, et Settat (Maroc) .

Avis aux amateurs et aux professionnels, la FFF (Fédération des Fumistes Fainéants) licencie des entraîneurs mais a un besoin urgent de médiateurs.

« Mon but n’est pas de convaincre mon adversaire mais de m’unir avec lui dans une vérité plus haute ». Raymond Domenech? Non, Saint Thomas d’Aquin.

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[1] « Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat. Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis. Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là. Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres. »





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